« Chaque lecture est un acte de résistance  » Daniel Pennac

L’Odyssée des étoiles, un voyage épistellaire

Quatrième de couverture :

Deux fiancés coordonnent leurs voyages interstellaires afin de pouvoir célébrer leur mariage sur Terre. Mais des incidents perturbent leur traversée de l’espace et du temps, repoussant leurs retrouvailles vers un futur toujours plus lointain. Alors que la Terre subit changement climatique, guerres civiles et désastres nucléaires, une chose reste constante : l’amour est éternel. Quant à leur fils, devenu un voyageur du temps, il cherchera à se rendre aux confins de l’univers, jusqu’au point de non-retour.

Mon avis

« Le premier roman de SF coréen traduit en France, vraiment ? ». Voilà ce que j’ai pensé en découvrant L’odyssée des étoiles en librairie, attirée par cette lumineuse couverture tel un papillon de nuit sur une lampe halogène. Adepte de toutes sortes de SF, il fallait bien que ce roman finisse dans ma pile à lire. Et puis il y a un côté intriguant de découvrir le premier roman de SF coréen traduit en France ! Un peu comme une planète inconnue sur laquelle on poserait le pied alors qu’aucun humain ne l’a jamais foulée.

Déjà traduit en anglais en 2021 (I’m waiting for you), il aura fallu attendre 2023 pour que L’odyssée des étoiles soit traduit dans la langue de Molière aux éditions Rivages Imaginaires. Bo-Young Kim est la première autrice de SF coréenne a être traduite en France et elle y mérite amplement sa place. De plus, il s’avère que qu’elle a été conseillère en scénario pour le film de Bong Joon-ho, Snowpiercer. Rien que ça !

Le roman est découpé en trois parties, et pour cause : il s’agit à l’origine de trois récits parus séparément et réunis dans un seul et même ouvrage. Les deux premières parties, « Je t’attends » et « Je viens vers toi » sont des textes épistolaires, des lettres échangées entre deux fiancés qui ont décidé de se marier. Mais voilà, c’est tout un univers qui les sépare, dans le sens littéral. Elle est partie dans les confins de l’univers rendre visite à sa famille, un voyage de plusieurs années. Pour que l’attente soit moins longue, lui a décidé d’embarquer pour un vol autour du soleil qui permet de gagner du temps et de raccourcir son attente à quelques mois seulement (merci la théorie de la relativité !).

Dans cette première partie « Je t’attends », ce sont uniquement les lettres du fiancé écrites à destination de sa future épouse que nous découvrons. Il s’avère que son vol autour du soleil est retardé, et donc leurs retrouvailles par la même occasion. Qu’à cela ne tienne, il prend les choses en main et trouve un nouveau bâtiment dans lequel naviguer pour retrouver sa bien-aimée. A partir de là, les contre-temps vont s’enchaîner et venir enrayer ce plan si parfait. Étant donné que ces lettres n’ont pas de retour, nous se savons même pas si sa fiancée les reçois. Une attente terrible se met en place, les années s’écoulant en un rien de temps comme nous l’indique chaque nouvelle lettre : « Deuxième lettre. Un mois après le début du voyage, environ quatre ans et quatre mois en temps terrestre ».

Ceux qui reviennent d’un voyage interstellaire sont soit sages soit fous


Dans la deuxième partie « Je viens vers toi », hourra ! La fiancée à bel et bien reçu les lettres de son futur époux, l’histoire se fera désormais de son point de vue. Beaucoup plus tourné vers les sentiments, cette partie montre en quelques sortes l’envers du décor. On revit certains événement déjà vécu dans la première partie mais quelques éléments supplémentaires nous permettent d’appréhender leurs aventures respectives dans sa totalité. Au travers des lettres de la fiancée, on découvre que le vaisseau sur lequel elle est embarquée s’organise de façon autoritaire, me faisant beaucoup penser au roman de Rivers Solomon, L’incivilité des fantômes.

Les deux parties de cette histoire d’amour spatiale se rejoignent pour notre plus grand bonheur, après des décennies d’errance, de doutes, de peurs. Malgré l’incertitude de leurs retrouvailles, leur amour est plus fort que tout, il transcende l’espace et le temps, les ultimes barrières qui semblaient infranchissables.

J’ai enfin compris que mon chez-moi moi ne se situe pas dans l’espace. Qu’il est une personne et que cette personne, c’est toi. Tu es mon chez-moi, le chez-moi où je veux être.

Où que tu sois en ce moment, mort ou bien vivant, c’est toi qui me maintiens en vie.


La troisième partie « Ceux qui vont vers le futur », rompt abruptement avec les deux premières. le récit passe à la troisième personne pour suivre le personnage de Seongha, un voyageur du temps que l’autrice nous sous-entend être le fils des deux fiancés précédents. Cette partie est axée sur la réflexion de la condition de Seongha. Comment se considérer comme un terrien lorsqu’on a jamais vécu sur Terre ? Kim Bo-Young nous livre ici un merveilleux aperçu de ce que c’est d’être humain. Après avoir voyagé l’équivalent de centaines d’années dans l’espace intersidéral, il est bon de rentrer à la maison. Le récit est emprunt d’une certaine mélancolie, entre les différents personnages que Seongha rencontre sur son passage, derniers représentants de l’humanité, tandis que lui a décidé de foncer vers le futur à la quasi vitesse de la lumière. Qu’y’a-t-il au bout de l’univers ? Y’a-t-il même une fin ? Ou un recommencement ? Le temps ici n’a plus d’emprise et ce que Seongha découvrira va bien au-delà de ce qu’il avait pu imaginer.

Poésie, nostalgie, romance, science, le roman de Bo-Young Kim est un Ovni Littéraire qui ne laisse pas de marbre. Je suis sortie de cette lecture comme si j’avais moi aussi traversé les âges et l’univers entier. Bo-Young Kim explore le thème de l’espace-temps avec beaucoup de sensibilité. Je suis curieuse et impatiente de découvrir d’autres romans de SF coréens, surtout s’ils sont aussi réussi que celui-ci !

Ma note

Note : 5 sur 5.

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Moi, C’est Anne-Charlotte

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