« Chaque lecture est un acte de résistance  » Daniel Pennac

La sonde et la taille, la dernière aventure de Conan

Quatrième de couverture : Conan, le roi des sept nations, est vieux. Aux yeux du barbare qu’il reste – malgré les ors du royaume et les afféteries de la cour –, il a passé cet âge formidable qui se compte ainsi : huit fois la somme des doigts de ses deux mains.
Dans sa forteresse de Kaldré, sur ses terres natales de Cimmérie, il accorde audience sur audience et souffre des reins. C’est cette maladie qui va le tuer, non un coup de hache ou un poignard planté dans le dos. Alors que tous complotent dans l’ombre, lorgnent sur son trône d’ébène, aiguisent leurs lames, préparent sa succession, un acte chirurgical peut le sauver : la sonde et la taille. Une opération périlleuse qui pourrait aussi hâter sa mort.
Mais qu’a-t-il à perdre ?
Rien.
Surtout s’il veut avoir une chance de mourir l’épée à la main en protégeant la seule chose qui compte désormais à ses yeux : son fils adoptif.

/!\ Nombreux TW dans cet ouvrage et cette critique /!\

Mon avis

Je tiens tout d’abord à remercier Albin Michel Imaginaire pour l’envoi de cet ouvrage en service presse non rémunéré.

Laurent Mantese, professeur de philosophie, fait une entrée époustouflante sur la scène de l’imaginaire francophone avec La sonde et la taille, dernière aventure de Conan le barbare, à l’apogée de son déclin.

Alors que la Septaine de la réconciliation s’achève dans la citadelle de Kaldré, Conan, le Roi-Barbare, souverain des Sept Nations, du haut de ses 80 ans, n’est plus qu’une carcasse décharnée aux muscles fondu. Il est vieux et malade. Un caillou bloque sa vessie et un kyste au testicule le fait affreusement souffrir. Il sait que la fin approche pour lui, mais il s’accroche malgré l’orage qui gronde et qui va bientôt s’abattre sur son royaume. Dans une dernière tentative pour le guérir de son mal, une opération risquée, la sonde et la taille, est pratiquée à vif, causant une douleur extrême, inimaginable. Mais alors que le roi se remet à peine de son opération, le terrible orage annoncé arrive aux portes de la citadelle.

Pendant plus de 600 pages, Laurent Mantese nous emmène dans un monde vivant et poisseux, grâce à une plume maîtrisée et un formulation vertigineuse, dont les phrases à rallonge s’apprécient et se dégustent malgré le caractère souvent écœurant des descriptions. le monde de Conan n’est pas fait pour tout le monde, il est d’une noirceur crasse, intransigeant, violent, brutal, sans concession. Un monde barbare peuplé d’hommes violeurs et tueurs, qui vivent pour piller et semer la souffrance. le style est astucieusement travaillé, si bien que j’ai eu la nausée à plusieurs reprises. Comme si les odeurs âcres et avinées des mercenaires montaient jusqu’à mes narines, que la senteur métallique et puissante du sang s’évaporait du livre pour venir me retourner l’estomac.

Où qu’on tournât le regard, on ne voyait que le malheur le plus sinistre et la désolation la plus noire, ces deux éternelles mamelles de la tragédie humaine. Partout, c’était la grande Mort, l’implacable Faucheuse, la Meneuse de pleurs qui avait étendu son empire sur toute chose et qui rampait en tous lieux et en toutes saisons, bête affolée et curieuse qui fouissait et reniflait chaque trou, chaque béance, chaque lieu où put se nicher la vie.

La plume s’allie à l’histoire pour créer un récit effréné et démesuré, une épopée épique qui mêle dark fantasy et horreur. C’est un voyage cru, brutal et rude, dont les personnages sont travaillés et restitués dans toute la rudesse et l’abjection qui caractérise la race humaine. La violence et la mort sont omniprésentes, sans parler de scènes parfois terribles à lire. Je pense en particulier à celle de l’opération du roi, qui subit la fameuse sonde et taille, où cette scène qui décrit la façon dont Conan découvre Colin, celui deviendra son fils adoptif, dans une maison de l’horreur.

Colin, c’est le seul personnage qui égaie les pages du roman et qui illumine le récit. Enfant souffrant d’un retard mental, il est considéré par Conan comme son véritable fils. L’amour qui les lie est un espoir pour l’humanité. La naïveté et l’innocence de Colin le rendent attachant et on comprend pourquoi Conan veut à tout prix le sauver des mains poisseuses des mercenaires. Tout particulièrement de Tranche-Gueule, leur chef, un géant tout en muscles et en force, à l’image de ce qu’à été Conan quelques décennies auparavant.

La sonde et la taille, c’est un roman abrupte et féroce, qui ne laisse pas la place à l’empathie ou la bonté. C’est un monde barbare, peuplé d’hommes sanguinaires et sans pitié. Grâce à Laurent Mantese, qui fait revivre sous sa plume le plus grand héros de la fantasy épique, j’ai vécu une aventure sans équivoque qui m’a laissée une emprunte indélébile dans le coeur et l’esprit. Un chef d’oeuvre.

Sortie en librairie le 15 mai.

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Moi, C’est Anne-Charlotte

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