Quatrième de couverture : Cent dix-huit ans avant ce jour, un homme étrange emmena une délégation de sages sur une petite île oubliée… Une longue quête s’ensuivit, mais ce n’était pas la seule histoire qu’il fallait raconter à ce sujet.
Car deux siècles plus tôt encore, pareille expédition avait déjà eu lieu. Provoquant aussi son lot de drames, dont les effets se font encore sentir chez les lointains descendants de ces émissaires !
Ainsi, un érudit passionné de généalogie et de magie va entraîner malgré eux quelques personnages dans une quête démarrant sur l’île Ji. Ils vont chercher à en percer le secret, tâche à laquelle personne ne paraît s’être attaqué. Ils n’ont d’ailleurs pas le choix : tous les héritiers de la dernière expédition en date semblent avoir été exterminés par les Züu, ces fanatiques aux motivations obscures ! Les assassins vont-ils désormais s’en prendre aux parents de la délégation précédente ?
D’autres menaces se dressent sur la route de ces aventuriers malgré eux. La Guilde des Frères, à la rancune tenace, et le Wul Melinem, une confrérie de sorciers implantée dans la lointaine Romine, mais aux ambitions dépassant largement ses frontières…
Comme si cela ne suffisait pas, des créatures oubliées sortent aussi d’un long sommeil, furieuses d’être à nouveau dérangées. Car personne ne peut emprunter impunément les chemins de Ji.
Mon avis :
Nouvelle série de fantasy héroïque signée Pierre Grimbert, Les chemins de Ji est un spin-off de la saga de Ji, un fabuleux cycle de fantasy en treize volumes publiés entre 1997 et 2012. Le premier cycle, Le secret de Ji, paru en 1997 aux éditions Mnémos, est à l’origine de la carrière de l’auteur.
Entre 2004 et 2006, un deuxième cycle est paru sous le nom Les enfants de Ji aux éditions Octobre, maison d’édition créée par l’auteur et son épouse Audrey Françaix, elle-même autrice de fantasy. Enfin, un troisième et dernier cycle a vu le jour, en quatre volumes, Les gardiens de Ji, entre 2008 et 2012.
L’auteur a été récompensé par deux prix pour Le Secret de Ji, tome 1 : Six héritiers en 1997, le prestigieux Prix Julia-Verlanger ainsi que par le Prix Ozone comme meilleur roman de fantasy francophone. Deux excellentes raisons d’entamer la lecture de ce cycle colossal !
Avec Les chemins de Ji, tome 1 : La Branche romaine, Pierre Grimbert signe une nouvelle série qui peut être lue sans avoir connaissance de l’univers de Ji. Le premier tome d’une trilogie très prometteuse tant pour les fans de l’œuvre de Grimbert que pour les néophytes comme moi qui découvrent la plume de l’auteur (j’ai un peu honte je l’avoue).
« Il s’agit de l’île de Ji, précisa la notaire. Elle est bien comprise dans les frontières du royaume, mais sa propriété restait floue. Au début de mes recherches, je la supposais possession de la couronne, puis j’ai découvert qu’il s’agissait d’un domaine privé. Mais les documents relatifs sont si anciens que les derniers propriétaires n’en étaient sans doute même pas informés. »
Ce premier tome se veut comme un héritage du cycle de Ji, avec de nouveaux personnages qui prennent place dans le cadre de conflits séculaires entre différents clans pour percer les secrets de l’île de Ji, une mystérieuse terre rocheuse au large des côtes de l’empire Lorelien.
Les événements se déroulent à Lorelia, capitale de l’empire, dans laquelle travaille Bessanis, une honorable notaire qui retrouve son fils Tristan, abandonné huit ans auparavant pour des raisons bien obscures, mais qui s’éclaircissent au fur et à mesure que le récit progresse. D’un autre côté, Liéronim, jeune aubergiste, est détroussé par Juline, une voleuse juvénile d’un clan de bandits sans foi ni loi, qui n’hésitera pas à la mettre sur le trottoir si ses actions ne rapportent pas plus d’argent au clan et surtout à son mentor, le Corbeau.
Ces quatre personnages ont un destin hors du commun qui va les mener sur l’île de Ji pour tenter d’y ramener Danel, un garçonnet aux puissants pouvoirs, recherché par une caste de magiciens qui veut s’en servir pour décupler sa puissance.
Les chemins de Ji, c’est une aventure palpitante pleine de rebondissements qui fait voyager au cœur d’un univers riche et complexe, mené par une plume frémissante sous laquelle des personnages élaborés prennent vie. Une narration chorale à la troisième personne et des chapitres rythmés apportent un dynamisme opportun au récit, le tout ponctué de dialogues énergiques teintés d’humour.
C’est délectable et on se prend rapidement à cette quête palpitante, craignant pour nos héros que les embûches semées sur leur chemin ne leur barrent la route vers Ji pour de bon.
Les personnages sont mués du même désir de mener à bien leur mission et leur détermination est à toute épreuve. Sous la plume de Pierre Grimbert, ils deviennent de véritables héros malgré leur condition plus qu’ordinaire.
« Juline promena autour d’elle un regard sidéré. Elle ne reconnaissait rien. Ils étaient réunis sur le sommet d’une colline, face à une vallée où des lambeaux de brume s’accrochaient à de forêts de résineux. Deux gigantesques pics rocheux occupaient tout un pan de l’horizon, évoquant les crocs d’un dragon. Aucune ville, route ou autre trace de civilisation n’apparaissait dans ce décor. »
Bref, ce premier tome des Chemins de Ji tient toutes ses promesses et présage une trilogie exaltante qui ne m’a donné qu’une envie : me lancer dans la lecture des treize volumes qui composent l’œuvre magistrale de Pierre Grimbert !
Je remercie les éditions Mnémos pour leur confiance renouvelée en me confiant ce roman en service presse non rémunéré.
Ma chronique est à retrouver sur Instagram, Babelio et ActuaLitte.
Fiche technique :
- Auteur : Pierre Grimbert
- Maison d’édition : Mnémos
- Pages : 304
- Parution : 22/01/2025
- Prix éditeur : 21.50 euros
- ISBN : 978-2-38267-172-6









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