Quatrième de couverture : Recueillie par sa grand-mère après la mort de ses parents, la jeune Kaori vit dans les monts d’Automne où elle se destine à être conteuse. Sur Tasai, comme partout dans les mondes du Flux, l’écriture est interdite. Seule la tradition du « Dit » fait vivre la mémoire de l’humanité. Mais le Dit se refuse à Kaori et la jeune fille se voit dirigée vers une carrière de danseuse.
Lorsque sa grand-mère meurt, Kaori hérite d’un rouleau de calligraphie, objet tabou par excellence, dont la seule détention pourrait lui valoir une condamnation à mort. Pour percer les secrets de cet objet, mais aussi le mystère qui entoure la disparition de ses parents, elle devra quitter les monts d’Automne et rejoindre la capitale.
Sa quête de vérité la mènera encore plus loin, très loin de chez elle.
Débutant comme un roman initiatique d’inspiration japonaise, Quitter les monts d’Automne s’impose vite comme un récit d’aventures qui frappe d’abord par sa beauté et sa poésie, puis par sa cruauté et son érotisme subtil.
Mon avis
Émilie Querbalec est une autrice française de science-fiction passionnée par les cultures asiatiques et les récits de l’imaginaire. Née en 1971 à Sapporo, au Japon, ses écrits sont empreints de la culture littéraire et esthétique. Avant de publier Quitter les monts d’Automne en 2020 chez Albin Michel Imaginaire, elle a écrit plusieurs nouvelles et a participé à divers projets d’écriture, notamment Les chants de Nüying en 2022 et Les sentiers de Recouvrance en 2024, deux autres romans de SF qui explorent des thèmes puissants et universels comme la mémoire, l’identité ou la transmission.
Dans Quitter les monts d’Automne, Émilie Querbalec nous transporte dans un univers aux accents japonisants avant de nous propulser dans un périple à travers les étoiles et les mystères de la mémoire. Son écriture délicate nous mène à la rencontre de Kaori, une jeune femme au destin incertain, confrontée à des épreuves qui la pousseront bien au-delà de ce qu’elle aurait pu imaginer.
Dans cette société où aucune expression écrite n’était autorisée, on vénérait les conteurs comme des demi-dieux.
Née sur Tasai, une planète reculée, Kaori appartient à un peuple pour qui la mémoire est une richesse essentielle, puisque les écrits sont bannis depuis des millénaires. le Dit est une capacité qui se transmet dans sa famille depuis des génération. Malheureusement, Kaori n’a toujours pas éprouvé le Ravissement, ce rite de passage qui permet aux conteuses de développer leur singularité mémorielle. Ce don de l’oralité m’a fortement rappelé la tradition orale de la Grèce antique et des aèdes, ces sortes de poètes récitants les fabuleuses épopées de héros, comme Homère.
Les histoires sont ce que nous possédons de plus précieux, ajouta-t-il, poursuivant son idée. Que deviendrait le monde, sans elles ?
Très vite, le récit prend une ampleur inattendue. Kaori, arrachée à son foyer, va devoir affronter des épreuves marquantes, des manipulations et des révélations qui l’amèneront à redéfinir son rapport au monde et à elle-même. Émilie Querbalec n’épargne pas son héroïne : elle la pousse dans ses retranchements, la fait évoluer à travers des rencontres et des épreuves douloureuses tout en la dotant d’une force intérieure qui fait d’elle un personnage marquant, bien loin des figures stéréotypées de certaines héroïnes. Certains personnages sont cependant moins marquants. Aymlin et Ekisei notamment, qui ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable. On les quitte d’ailleurs sans trop de chagrin et même sans vraiment faire attention à leur disparition du récit.
Derrière chaque mystère se cachaient d’autres mystères, plus vastes encore. Chercher à comprendre le sens de tout cela revenait à vouloir éclairer un puits avec une seule et unique papilule.
L’univers développé est d’une richesse saisissante. de la planète natale de Kaori aux vastes étendues de l’espace, l’autrice tisse une fresque où la technologie et la spiritualité sont omniprésentes. Les idées qu’elle déploie, notamment autour de la mémoire et de la transmission du savoir donnent à son récit une résonance forte, à la fois intime et universelle. La recherche de ses racines occupe également une place centrale dans le récit et m’a fait penser au Fondation d’Asimov dans lequel les personnages partent à la recherche de la planète originelle, celle depuis laquelle les humains ont essaimé l’univers : la Terre.
Entre poésie et vertige cosmique, Quitter les monts d’Automne est un voyage fascinant, un récit initiatique où chaque révélation nous entraîne plus loin, dans un mélange de douceur et de puissance. Une belle découverte pour les amateurs de space-opera et de culture nippone.
Fiche technique
- Autrice : Emilie Querbalec
- ME : Albin Michel Imaginaire
- Pages : 448
- Parution : 02/09/2020
- Prix éditeur : 21.90 euros
- ISBN : 9782226451934









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