On se retrouve en ce lundi novembreux (ou j’invente des mots) pour faire un bilan de mes lectures du mois passé. Un petit mois niveau lecture mais alors je l’explique assez facilement : j’étais occupée à me marier 😀 Il est donc normal que j’ai eu moins de temps à consacrer à la lecture, mais je n’ai pas pour autant délaissé totalement mes livres. J’ai lu surtout des mangas et BD, ce qui m’a aidé à garder une constance. Je ne le dirai jamais assez, mais la variété des genres et des supports de lecture est vraiment la clé pour lire !
Comme je le disais donc, j’ai lu six mangas et deux BD, trois nouvelles de la collection RéciFs aux éditions Argyll, deux livres audio et un roman, pour un total de quatorze lectures.
- Côté manga
On commence avec ma découverte du mois d’octobre. J’ai lu deux ouvrages de Hideshi Hino, Panorama de l’enfer (1984) et Serpent rouge (1985), réédités aux éditions IMHO. Il faut savoir que ce mangaka est, aux côtés de grands noms comme Junji Ito, un maître de l’horreur. Pas l’horreur psychologique de Junji Ito, on est ici dans de la pure violence graphique et du gore sanglant. Gros Trigger Warning donc pour les personnes sensibles à ce genre de sujet. Car il faut avoir les tripes accrochées pour lire les oeuvres d’Hideshi Hino. Visions cauchemardesques qui explorent les aspects du mal, de la folie, du traumatisme familial et sociétal, les oeuvres du mangaka sont malsaines et dérangeantes, elles racontent les traumatismes générationnels qui se transmettent et la détresse psychologique d’après-guerre (Hideshi Hino est né en 1945, après les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki). Son travail est très imprégné de ces horreurs bien réelles, confèrant une vraie force aux récits.


J’ai lu le tome 1 de Animal Human, d’Okada Takuya, paru aux éditions Mangetsu début octobre 2025. On reste dans l’ambiance un peu gore et malaisante pour se retrouver dans un monde où ce sont les animaux qui élèvent les humains pour manger leur chair. J’ai beaucoup aimé le propos sous-jacent de l’artiste qui est en fin de compte une vive critique de la façon dont on traite les animaux pour leur viande. L’inversion des rôles permet de mettre en avant la dissonance cognitive et les mensonges qu’on se raconte pour faire bonne figure lorsqu’on se retrouve avec son steak dans l’assiette. Il y a aussi une dimension mystique, religieuse, voire sectaire, autour de ces animaux qui ont pris des traits humains et se déplacent sur deux jambes. Le tome s’achève sur le début de révélations qui seront détaillées dans le tome 2 (je l’espère !), j’ai donc hâte de lire la suite.

J’ai lu le tome 5 de la série de Kazuhiro Fujita, Crescent moon : dance with the monster aux éditions Ki-oon. Et je me suis aperçue une fois le tome lu que j’avais zappé de lire le tome 4 … Et je me disais que je comprenais mal les événements, c’est normal ! Donc je m’attelle à la lecture du tome 4 avant de donner un avis définitif du 5.


J’ai lu les deux premiers tomes de la série Mes cents contes mortels de Anji Matono dont le premier tome est paru aux éditions Akata en octobre 2023 (trad. Constant Voisin). Pour la faire courte, un jeune garçon, depuis sa chambre, nous conte de courtes histoires horrifiques, vingt par tomes, jusqu’à la centième lors de laquelle il est censé se passer quelque chose. Quoi donc, on ne le sait pas encore. J’ai beaucoup aimé lire ces petites histoires toutes aussi terrifiantes les unes que les autres. Le dessin est dérangeant, la folie, la peur, l’horreur, se lisent sur les traits des personnages. Le format court des histoires permet de les enchainer rapidement, entrecoupées d’étranges scènes avec ce petit garçon enfermé dans sa chambre qui, au fur et à mesure que l’on progresse, sont de plus en plus énigmatiques. Je vais me procurer les autres tomes au plus vite !



- Côté BD
J’attendais le 15 octobre avec impatience, et pour cause : le nouveau roman graphique de Mathieu Bablet, Silent Jenny, aux éditions Rue de Sèvres, sortait ce jour là ! Impossible donc de ne pas foncer en librairie le jour même pour me le procurer, d’autant plus que j’avais précommandé le vinyle sur lequel figure la BO créée par Toxic Avenger pour l’occasion, comme cela avait été fait pour Carbone & Silicium. J’ai été conquise une nouvelle fois par le travail réalisé par Bablet, tant au niveau du scénario que graphiquement parlant. Je ne m’étendrais pas ici car j’ai publié une chronique complète que tu peux retrouver ici.

Pour bien me plomber l’humeur, j’ai lu La Route, de Manu Larcenet, somptueuse adaptation graphique publiée aux éditions Dargaud, du roman du même nom de Cormac McCarthy. Comme prévu, j’ai chialé. C’est très contemplatif, l’économie de mots permet de se concentrer sur l’expérience graphique qui prend littéralement aux tripes. Ce père et son fils, seuls dans un monde dévasté, après qu’une apocalypse a tué la quasi totalité de la population. On ne sait pas ce qu’il s’est passé, on est projeté brutalement aux côtés de ce duo qui tente de survivre tant bien que mal. On s’attache rapidement à eux, même si on se doute qu’il ne faudrait pas. C’est autant une claque visuelle que scénaristique. C’est sombre, désespéré, bouleversant. Il va me falloir du temps avant de m’en remettre.


- Côté novellas
J’ai eu la chance de recevoir de la part des éditions Argyll les deux dernières parutions dans la collection RéciFs. Deux novellas de Cassandra Khaw, Briser les os et Chanter le silence, que j’ai tous deux chroniqué sur le blog assez récemment. Je t’invite à aller les lire si tu souhaites te faire une idée du contenu. Ensuite, j’ai lu Colorer le monde, suivi de Qui possède la lune ?, deux nouvelles dans un même ouvrage de l’autrice chinoise Mu Ming qui avait déjà publié dans cette collection Le bracelet de jade. Si la première histoire m’a beaucoup touchée, j’ai eu du mal à bien saisir la deuxième. Une impression en demi-teinte pour ce dernier tome de la collection qui sortira le 7 novembre prochain.
Je tiens à (re)dire à quel point les couvertures d’Anouck Faure sont magnifiques !



- Côté audio
J’ai écouté le tome 1 sur 4 de Lady Astronaute, de Mary Robinette Kowal, publié pour la première fois aux éditions Denoël en 2020 (trad. Patrick Imbert), et lu dans sa version audio par Clémentine Domptail. On est ici dans une uchronie, puisque l’autrice imagine un cataclysme en 1952 causé par une météorite qui ravage la côte Est des États-Unis, tuant des milliers d’habitant et entraînant un changement climatique brutal. La seule issue pour l’humanité est de coloniser Mars. Une coalition internationale se forme pour envoyer ses premiers astronautes dans l’espace et créer une colonie martienne. Problème : les femmes sont écartées de ce programme spatial. Ce roman aborde des thèmes féministes assez puissants tout en convoquant une esthétique vintage des années 1950. On y trouve aussi des questions raciales et climatiques très intéressantes. Cependant, je l’ai trouvé long, Trèèès long. Et lent. Terriblement lent. Ce qui est bien dommage parce qu’avec un meilleur rythme, je pense que je l’aurais vraiment apprécia à sa juste valeur. On verra si j’ai la motivation d’écouter le tome 2 qui est lui aussi disponible sur Nextory.

J’ai écouté Le Boyfriend, de Freida McFadden, paru aux éditions City en octobre 2025 et déjà disponible en audio (alors que certains romans peuvent arriver plusieurs années après). Après avoir écouté La femme de ménage (pas aimé), La Psy (bien aimé) et La prof (pas aimé), je me suis farci Le Boyfriend, parce que je suis une sacrée pigeonne et que j’ai succombé à tout ce battage médiatique autour des écrits de McFadden. Grand mal m’en a pris, car comme je m’en doutais, c’est un ramassis de stéréotypes insupportables du thriller. Le schéma narratif est semblable à ses précédents romans, le rebondissements sont recyclés, les propos sont ultra-cliché, les personnages ont des réactions insensées, bref, ça sent fort le réchauffé. Je ne comprends toujours pas cette adoration de l’autrice, ce culte qui lui est voué et tous ces avis dythirambiques sur ses romans. Est-ce que ces gens ont déjà lu un bon thriller ?? A ce niveau, je me pose vraiment la question.

- Côté roman
On termine mon bilan avec le seul roman que j’ai lu en octobre. Il s’agit de la dernière parution des éditions Argyll, qui m’ont gentiment envoyé l’ouvrage pour un SP non rémunéré. Des ombres sur le foyer, de Judith Merril (trad. Alexane Bébin) est un roman difficile à classifier. Si on s’en tient à son résumé, c’est de la science-fiction. Mais le traitement réalisé par l’autrice nous fait plonger dans un huis-clos oppressant au coeur d’une famille dans l’attente. Après un bombardement nucléaire qui a ravagé plusieurs grandes villes des États-Unis, Gladys, jeune mère au foyer, attend de connaître le sort de son mari, Jon, et de son fils, Tom. Sans nouvelles des deux, elle va devoir prendre les rênes du foyer en main pour maintenir sa famille unie, et notamment assurer la sécurité de ses deux filles. Récit tour à tour féministe, intimiste, réaliste, Des ombres sur le foyer aborde également des questions raciales et de classe avec le personnage de Véda, ou encore politiques et sanitaires. Un récit puissant à remettre dans son contexte puisque Judith Merril a écrit ce roman en 1950, en pleine Guerre Froide. Une pépite classique de la SF a lire de toute urgence.
Mention spéciale enfin à la préface et postface du roman écrites par DoctriZ qui apportent de nombreux éclairages sur l’autrice et son récit.

J’ai fait le tour de toutes mes lectures du mois d’octobre ! A votre tour maintenant de me parler de ce que vous avez lu en commentaire. Sinon, on se retrouve début décembre pour le bilan de novembre et aussi le bilan du Pumpkin Autumn Challenge !









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