« Chaque lecture est un acte de résistance  » Daniel Pennac

Graphique : Eurydice comme vous ne l’avez jamais vue

Quatrième de couverture : Orphée est un jeune chanteur au talent quasi divin, idéaliste et révolté. Sa soeur Calliopé, danseuse d’exception, se bat pour sauver son métier. Mais leur rencontre avec une mystérieuse étrangère nommée Eurydice va bouleverser leurs priorités…
Tandis que derrière leurs masques, les dieux et les muses de l’immense cité de papier révèleront leurs failles, terriblement humaines et universelles.

Mon avis

Les réécritures de mythes grecs sont à la mode depuis quelques années et j’ai lu pas mal de romans traitant de mythologie sous le prisme de notre époque, comme Sirène, debout : Ovide rechanté, de Nina MacLaughlin, circé de Madeline Miller ou encore le silence des vaincues de Pat Barker. La version du mythe d’Orphée qui nous est proposé dans la bd de Solen Guivre et Lou Lubie est elle aussi pensée sous un prisme plus contemporain que je trouve extrêmement bien réalisé.

Eurydice rencontre Orphée de manière fortuite. Échappée du convoi funéraire qui se dirige vers la cité de papier où se trouve le palais des Dieux, dans lequel les morts peuvent reposer en paix et vivre éternellement auprès des déités, Eurydice est découverte errante dans le désert par Orphée. Bien décidé à lui venir en aide, il la fait passer en douce dans la ville, au risque de lui faire découvrir les secrets de la cité que les habitants souhaitent bien garder cachés.

Ceux qui souffrent sont en vie. Les vivants ne peuvent pas entrer. Retourne chez toi. Le temps te ramènera ici bien assez tôt.

Cette revisite du mythe d’Orphée m’a complètement séduite ! Tout d’abord par les thèmes abordés de façon délicate, je pense par exemple à la confiance en soi, avec le personnage de Calliopée, les violences faites aux femmes, avec Eurydice ou encore le consentement avec Orphée. C’est fait de manière si subtile et bienveillant, les personnages sont indulgents, compréhensifs, humains, et ça fait un bien fou ! Les dialogues sont travaillés et ne tombent jamais dans le pathos, les échanges sont doux et des protagonistes émane une sorte de bienveillance humble.

Les planches quant à elles sont superbes. Lou Lubie a fait un travail incroyable pour restituer toute la douceur du texte, que ce soit dans le trait ou les couleurs. Il y a une grande diversité parmi les personnages, leur personnalité est très marquée. Le dessin est très aérien, éthéré, les textures donnent du mouvement et du dynamisme aux scènes. Les couleurs sont absolument parfaites, des teintes douces aux nuances tendres, très lumineuses, comme auréolées d’une vague nitescence. C’est un régal pour les yeux !

Tous les vivants voudraient voir revenir un de leurs proches.

Le seul petit bémol, c’est la brièveté de l’ouvrage, qui aurait mérité un scénario un peu plus étoffé. J’ai eu l’impression de survoler cette histoire si rapidement, alors que j’aurais voulu qu’elle ne s’arrête jamais ! En revanche, toutes les planches explicatives sur les personnages et le folklore en fin de l’ouvrage sont vraiment passionnantes, une excellente idée !

Eurydice, c’est vraiment un petit cocon de douceur et de bienveillance. Si vous êtes, comme moi, fan de mythologie et des réécritures de mythes, je ne peux que vous conseiller cet ouvrage qui saura vous toucher en plein coeur.

J’ai lu Eurydice dans le cadre d’un service presse non rémunéré. Merci aux éditions Delcourt pour leur confiance renouvelée.

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Moi, C’est Anne-Charlotte

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