Quatrième de couverture : Lark vient d’être admise à Witch Hazel House dans un programme spécial accueillant un petit groupe d’élèves pour étudier la littérature. Souffrant de TOC, elle espère prendre un nouveau départ.
Dans le manoir aux hamamélis, aux fleurs automnales et aux nombreux chats, elle débute une vie paisible où de nouvelles amitiés se forgent au fil des soirées à lire au coin du feu avec une bonne tasse de thé et des virées shopping à Stormhill.
Jusqu’au jour où son amie Violette décide de faire une séance de spiritisme afin d’entrer en contact avec la présence bienveillante qu’elle pense sentir dans la bâtisse.
Des phénomènes étranges commencent alors à se produire, de plus en plus violents, puisant dans leurs peurs les plus profondes pour les torturer.
Comprenant qu’elles ont réveillé quelque chose qui aurait dû rester endormi, elles enquêtent pour savoir ce qui les hante.
Hélas, les maisons ont un passé, et il n’est pas toujours bon de s’y confronter…
Mon avis
Coécrit par Nora Lake et Cécile Guillot, Les filles de Witch Hazel House est une oeuvre singulière qui entremêle les genres : sorcellerie, enquête et drame gothique sont au menu de ce récit fantastique. Nora Lake est une autrice française, elle a suivi des études de lettres avant de travailler dans le milieu funéraire, un choix de carrière peu commun qui reflète son attirance pour les thèmes de la mort, du souvenir et de la fragilité de l’existence. Cécile Guillot quant à elle est une autrice prolifique reconnue pour ses oeuvres allant du fantastique au roman jeunesse en passant par la romance. Titulaire d’un DESS de Psychologie clinique et psychanalyse, elle travaille également comme graphiste et traductrice.
Le récit prend place en pleine campagne, dans le manoir isolé de Witch Hazel House (le manoir aux hamamélis), un lieu énigmatique et à l’atmosphère dense, presque palpable. Quatre jeunes femmes, chacune marquée par des blessures profondes et des drames personnels, se retrouvent à cohabiter dans ce manoir aux hamamélis pour suivre leur cursus scolaire et prendre des cours de littérature. Mais ce refuge, d’apparence paisible, se révèle rapidement être un lieu chargé d’obscurs secrets. Les héroïnes, confrontées à des événements surnaturels et à leurs propres traumatismes, devront explorer les secrets de la maison et découvrir ce qui les relie à l’entité qui hante les lieux.
Un manoir perdu en haut d’une colline et entouré de fleurs qui ressemblent à des tentacules, vous vous doutez bien que ça a beaucoup fait jaser !
Le roman se distingue dans un premier temps par son atmosphère gothique emprunte de surnaturel. le manoir est un personnage à part entière : ses murs semblent respirer, ses couloirs murmurer et les bois environnants dégagent une aura inquiétante. Les descriptions soignées des autrices prolongent cette ambiance feutrée dans laquelle chaque craquement ou souffle de vent est annonciateur d’un événement surnaturel.
Je suis sûre d’une chose, les esprits qui nous hantent, ceux qui restent, ce sont ceux qui n’ont pas reçu assez d’amour à leur mort.
Le récit met en avant quatre personnages féminins attachants mais très caricaturaux. Lark, archétype de l’angoissée, Violette tout droit sortie d’un compte instagram #cottagecore, Willow l’accro du tricot et Misty en conflit avec son héritage familial. Ce sont des figures qu’on retrouve fréquemment dans les récits de ce type et cela donne l’impression que leurs personnalités manquent un peu de nuance. Cependant, il me semble que les autrices ont voulu renforcer l’aspect symbolique de chaque héroïne en en faisant des figures qui incarnent des rôles spécifiques. Il est possible que ce côté caricatural ne résonne pas avec moi car je préfère des portraits plus profonds et moins « types ». Néanmoins, je me suis peu à peu laissée emporter dans le récit et j’ai mis de côté mes préjugés en gardant à l’esprit qu’il s’agit d’un roman destiné aux jeunes adultes. A partir de là, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre les héroïnes. Les quatre jeunes filles m’ont rappelé celles du roman graphique Coven, qui elles-mêmes sont fortement inspirée du film The Craft, une référence pour toutes les sorcières qui se respectent ! Un petit clin d’oeil qui n’est pas pour me déplaire.
Âmes amies, unies dans la vie, âmes jumelles, toujours fidèles, nous nous lions avec ce sort afin qu’aucun mal ne vienne nous séparer.
Le style d’écriture est empreint d’une certaine mélancolie sans jamais basculer dans l’excès. Il capte magnifiquement les émotions des héroïnes et l’étrangeté du manoir. Nora Lake et Cécile Guillot parviennent à marier leurs styles avec une étonnante souplesse. Elles abordent avec finesse des thématiques comme la confiance en soi, la santé mentale, l’anxiété ou la sororité. Ces thèmes trouvent une résonance particulière dans le contexte d’un manoir ancestral où le surnaturel amplifie les tensions.
Nous quatre, silencieuses, les unes à la suite des autres ; la scène ressemble à une procession. Soit nous fuyons le diable, soit nous allons le rejoindre pour danser avec lui autour d’un chêne centenaire.
Malgré quelques faiblesses, Les filles de Witch Hazel House est une oeuvre lumineuse portée par une écriture poétique et limpide. le duo Nora Lake et Cécile Guillot réussit à offrir une belle expérience de lecture destinée à un jeune public en traitant des thématiques universelles. Malgré des personnages archétypaux, c’est une lecture que je recommande aux personnes qui aiment les ambiances gothiques contemporaines, les récits de sororité et de résilience ainsi que les atmosphères mystérieuses dans des lieux chargés de secrets.
Fiche technique
- Autrices : Nora Lake et Cécile Guillot
- Maison d’édition : Mnémos
- Pages : 304
- Parution : 09/10/2024
- Prix éditeur : 25 euros
- ISBN : 978-2-38267-158-0 /272









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