« Chaque lecture est un acte de résistance  » Daniel Pennac

L’imaginaire sous surveillance : quand la création littéraire menace l’humanité

Quatrième de couverture : Dès ses dix ans, Tanya avait décidé qu’elle travaillerait pour le Bureau de Contrôle des Imaginaires. Aujourd’hui, derrière son écran, elle surveille les citoyens de la planète Danevell au quotidien et s’assure que personne – y compris elle-même – ne cède à ses pulsions d’écriture.
Écrire des romans est prohibé depuis cent cinquante ans, car les histoires, vitales pour les danevellois, prennent vie dans des mondes imaginaires, les isolent du reste de la galaxie et menacent de les anéantir.
Lorsque les alertes d’écriture se multiplient, Tanya se lance dans une course contre la montre pour identifier les auteurs rebelles qui échappent aux systèmes de surveillance sophistiqués. Elle est prête à tout pour les arrêter, quitte à ignorer ce séduisant chef cuisinier et négliger sa meilleure amie.
Son enquête haletante révèlera des complots et des secrets insoupçonnés.
La vérité ne laissera personne indemne.
Démasquera-t-elle à temps les écrivains rebelles, sans elle-même faiblir face aux personnages qui la hantent ?
Un roman de space fantasy adulte avec des personnages LGBTQ+, mêlant magie, technologie, complots et histoire d’amour.

Mon avis

Flavie Fearn est une autrice indépendante de la région toulousaine, passionnée de fantasy et d’urban fantasy. Son premier roman, le symbole sacré (tome 1 de Magic Uchronia), a remporté le prix jeunesse 2023 des Gourmets de lettres. Cette duologie explore le voyage dans le temps et met en avant des femmes oubliées de l’Histoire. En mars 2025, elle publie le bureau de contrôle des imaginaires, une space fantasy mêlant magie, complots et romance dans laquelle l’écriture d’histoires est interdite.

Sur Danevell, les mondes imaginaires prennent une consistance tangible sous la forme de rubans dans le ciel. Un tel nombre d’histoires existent que ces rubans obstruent l’atmosphère et empêchent les danevellois de commercer avec le reste du système solaire. Même le taux d’oxygène est impacté. C’est pour cela que, depuis cent cinquante ans, la création de nouvelles histoires est interdite. Afin de s’assurer que cette loi est respectée, le bureau de contrôle de imaginaire scrute la population à chaque instant et prend en chasse les hors la loi qui mettent en péril la survie des habitants en écrivant des romans.

Tanya fait partie du BCI depuis de longues années. Depuis qu’elle est toute jeune, elle sait qu’elle est destinée à ce métier. Elle réalise un travail impeccable aux côtés de son équipe qui voue une confiance aveugle. Cependant, un événement fait basculer leur routine. Des gens se remettent à écrire, faisant progresser les rubans vers le sol, amenuisant le taux d’oxygène de la planète. Tanya est déterminée à les trouver, mais ils se cachent là où elle s’y attend le moins.

Le masque à oxygène du client devant moi témoigne de l’urgence de la réalité : notre oxygène est dévoré par les mondes des histoires, et les plus sensibles ressentent les effets de cet appauvrissement. Les masques, transparents et légers, dont la forme épouse le visage, leur permettent de contrer les faiblesses de notre atmosphère.

La tension palpable de cette épée de Damoclès suspendue au-dessus des habitants sonne comme une véritable course contre la montre. Chaque début de chapitre indique un décompte de jours, la taille d’agrandissement des rubans et le taux d’oxygène dans l’air. Ces informations provoquent une sorte de resserrement autour de l’intrigue et des personnages que j’ai beaucoup apprécié. C’est très rythmé et dynamique mais l’autrice prend le temps de poser l’intrigue et les personnages malgré tout. La construction du monde de Danevell est très intéressante et réfléchie. Tout le travail réalisé autour de la notion d’imaginaire et de création artistique remet en question notre propre capacité à créer et inventer : que sommes-nous sans imagination ? Comment vivre sans rêver ? le récit s’axe autour de ces thématiques et y répond d’une très belle façon.

Des humains vivent dans des villes grises, sans végétation, et détruisent la beauté de leur monde. J’ai du mal à imaginer comment ils peuvent respirer.

Les personnages permettent à l’autrice de travailler deux nuances : tout d’abord Tanya, qui suit aveuglément la loi, elle est loyale à son travail et au gouvernement, la création de nouveaux mondes est une aberration qu’il faut stopper pour maintenir l’équilibre de Danevell. Elle prend ses trois cachets de Chiméraxyl au quotidien (un comprimé qui empêche de donner envie de créer des histoires), elle ne remet jamais en question les lois établies par le gouvernement. Waban, d’un autre côté, est à l’opposé de Tanya. Rêveur, inventif, il met à profit son esprit créatif au service de son métier de cuisiner pour inventer des plats absolument surprenants. Malgré le fait que tout les oppose, Tanya et Waban vont tomber sous le charme l’un de l’autre. Moi qui suis plutôt réfractaire à la romance, j’ai trouvé que celle-ci se faisait plutôt discrète, reléguée au second rang de l’intrigue. En revanche, les répétitions m’ont un peu agacée concernant les deux personnages à chacune de leurs rencontres. Entre leur peau « brûlante », la couleur des iris de Waban ou son odeur de pin et de gingembre (qui sent comme ça ?), j’ai eu du mal à ingurgiter le côté mièvre de Tanya.

𝘊𝘩𝘢𝘲𝘶𝘦 𝘢𝘯𝘯é𝘦, 𝘭𝘢 𝘧𝘢𝘯𝘵𝘢𝘴𝘮𝘪𝘦 𝘵𝘰𝘶𝘤𝘩𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘮𝘪𝘭𝘭𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘥𝘦 𝘱𝘦𝘳𝘴𝘰𝘯𝘯𝘦𝘴. 𝘈𝘭𝘰𝘳𝘴, 𝘤𝘩𝘢𝘲𝘶𝘦 𝘫𝘰𝘶𝘳, 𝘫𝘦 𝘱𝘳𝘦𝘯𝘥𝘴 𝘮𝘰𝘯 𝘊𝘩𝘪𝘮é𝘳𝘢𝘹𝘺𝘭. 𝘊𝘩𝘢𝘲𝘶𝘦 𝘴𝘦𝘮𝘢𝘪𝘯𝘦, 𝘫𝘦 𝘭𝘪𝘣è𝘳𝘦 𝘮𝘰𝘯 é𝘯𝘦𝘳𝘨𝘪𝘦 𝘤𝘳é𝘢𝘵𝘳𝘪𝘤𝘦 𝘦𝘵 𝘫𝘦 𝘮𝘦 𝘤𝘰𝘯𝘯𝘦𝘤𝘵𝘦 à 𝘭’é𝘯𝘦𝘳𝘨𝘪𝘦 𝘥’𝘶𝘯 𝘳𝘰𝘮𝘢𝘯. 𝘊𝘩𝘪𝘮é𝘳𝘢𝘹𝘺𝘭, 𝘤’𝘦𝘴𝘵 𝘱𝘳𝘦𝘯𝘥𝘳𝘦 𝘴𝘰𝘪𝘯 𝘥𝘦 𝘴𝘢 𝘨𝘭𝘢𝘯𝘥𝘦 𝘊𝘩𝘪𝘮é𝘳𝘢𝘭𝘦 𝘦𝘵 𝘥𝘦𝘴 𝘢𝘶𝘵𝘳𝘦𝘴. 𝘊𝘩𝘪𝘮é𝘳𝘢𝘹𝘺𝘭 𝘦𝘴𝘵 𝘶𝘯 𝘥𝘪𝘴𝘱𝘰𝘴𝘪𝘵𝘪𝘧 𝘮é𝘥𝘪𝘤𝘢𝘭 𝘥𝘶 𝘭𝘢𝘣𝘰𝘳𝘢𝘵𝘰𝘪𝘳𝘦 𝘗𝘳𝘰𝘱𝘰𝘭𝘪𝘴. 𝘕𝘦 𝘱𝘢𝘴 𝘤𝘰𝘯𝘴𝘰𝘮𝘮𝘦𝘳 𝘢𝘷𝘢𝘯𝘵 𝘤𝘪𝘯𝘲 𝘢𝘯𝘴.

Malgré ce petit point négatif, j’ai aimé cet univers singulier et la façon dont l’autrice nous embarque aux côtés de ses personnages. le style est simple mais efficace, la magie présente sans être prégnante, les chapitres courts et cadencés. de nombreux rebondissements viennent ponctuer l’intrigue et certains revirements de situation sont totalement inattendus. Je suis heureuse d’avoir eu l’occasion de découvrir cette belle histoire qui peuple à présent les rubans de mes mondes imaginaires. Merci infiniment à Flavie Fearn de m’avoir confié son roman pour un service presse.

Fiche technique

  • Autrice : Flavie Fearn
  • ME : Auto-édité
  • Pages : 456
  • Parution : 20/03/2025
  • Prix éditeur : 18.90 euros
  • ISBN : 2958683559

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