Autant le mois de juin a été assez light en lecture, mais alors le mois de juillet c’était le craquage total ! J’ai lu de tout, sur tous supports, dans tous les genres. Des romans, des audios, du numérique, des BD, des mangas. Trente-et-une lectures sur le mois, mon petit record personnel ! Alors non, je n’ai pas forcément tout apprécié, mais j’ai découvert plein d’auteurs et autrices, j’ai lu des textes qui m’ont fait vibrer, des graphiques qui m’ont emportée dans des mondes lointains, je me suis attachée à des personnages formidables, bref, je te raconte tout ça dans cet article !
Du côté des livres audio, j’ai encore une fois lu beaucoup de choses très différentes. Nextory c’est vraiment une application que j’adore et dont je ne pourrais plus me passer ! J’ai l’abonnement 50 heures d’écoute et ce qui est bien, c’est que lorsque j’arrive au bout du temps alloué, je peux relancer un nouveau mois d’abonnement plus tôt. Très pratique ! Tout début juillet, j’ai écouté Melmoth furieux de Sabrina Calvo, publié chez La Volte en 2020. Il faut savoir que cette autrice a un style bien particulier, ses écrits sont bien souvent inclassables. Malheureusement ce texte n’a pas eu trop l’effet escompté sur moi, et j’en suis ressortie avec un avis en demi-teinte. En revanche, j’aimerais tout de même lire Les nuits sans Kim Sauvage de cette autrice, qui a l’air fabuleux.


Dans un registre totalement différent, j’ai écouté L’homme qui savait la langue des serpents, de l’auteur estonien Andrus Kivirähk, publié en 2015 aux éditions Le Tripode. On y suit Leemet, un jeune homme qui fait partie des derniers hommes à vivre dans la forêt et à détenir une connaissance magique qui permet de se faire comprendre des animaux et de les maîtriser. A coeur du Moyen-Âge, alors que le reste du monde se christianise, ces hommes des forêts sont le dernier bastion contre la modernité et la fin des traditions. C’est un texte étonnant aux accents de fantasy médiévale qui vaut clairement le détour.
Dans mon bilan du mois de juin, je vous disais à quel point j’avais aimé deux romans de Cécile Coulon. J’ai donc poursuivi ma découverte des récits de l’autrice avec Seule en sa demeure, paru aux éditions L’iconoclaste en 2021. Si j’ai moins aimé que La langue des choses cachées et Une bête au paradis, ce texte avait tout pour me plaire. Un huis-clos à l’ambiance mystérieuse, à la façon du roman gothique de la fin du 18ème siècle, des personnages torturés, un manoir isolé chargé d’histoire, démons du passé qui refont surface comme dans Les Hauts de Hurle-Vent, mais des personnages trop figés et un style parfois alambiqué pour rien ont eu raison de moi.

En juillet, j’ai découvert un classique de la SF que j’avais commencé à lire il y a longtemps sans jamais le terminer, j’ai nommé : Dune. L’oeuvre monumentale de Frank Herbert est disponible dans sa totalité sur Nextory, c’était l’occasion rêvée de m’y mettre ! Les trois premiers livres y sont passés, il faut dire qu’après avoir vu les films, on comprend plus aisément le déroulé des événements qui sont, au demeurant, assez costaud, hard SF oblige.


Pour terminer, deux grosses claques. Tout d’abord, le livre biographique de Lydia Gouardo, Le silence des autres. Comment vous expliquer les horreurs que cette femme a vécu sans entrer dans les détails les plus sordides de son enfance… Je vous donne juste le résumé : « Son père lui a fait 6 enfants. Tout le monde savait… Personne n’a rien dit. Ça s’est passé en Seine-et-Marne, dans un charmant village à une demi-heure de Paris, dans l’indifférence totale des voisins, des gendarmes, des services sociaux, de la justice et des médecins… « Pourtant, tout le monde savait.» » Après avoir vu une interview de Lydia, j’ai eu envie de lire son livre pour mieux comprendre ce qui lui est arrivé. Absolument bouleversant et révoltant. Enfin, j’ai écouté Moi qui n’ai pas connu les hommes, de Jacqueline Harpman, une rééditions des éditions Stock en avril 2025 paru initialement en 1996. Dans son roman, Harpman y décrit la vie de quarante femmes enfermées dans une cave sous la surveillance permanente de gardiens. Personne ne se rappelle le comment de leur arrivée ni le pourquoi. La jeune narratrice qui a toujours vécu ici commence à se poser mille questions, jusqu’au jour où les gardiens disparaissent et la porte de la cave s’ouvre. Que va-t-elle découvrir à l’extérieur ?


En juillet, j’ai continué mon exploration de la collection Une Heure Lumière des éditions Le Bélial’. J’ai commencé par lire Rossignol d’Audrey Pleynet, un space opera ambitieux aux enjeux fascinants mais qui peinent à émerger pleinement du fait de la brièveté du texte. J’en parle dans ma chronique sur Babelio. J’ai lu ensuite L’inversion de Polyphème, de Serge Lehman, qui, lui, m’a beaucoup plu. Quatre gamins passionnés par la science-fiction qui vont vivre un événement digne d’un de leurs récits favoris. Truffé de références à la culture populaire au travers de romans, BD et magazines des années 70, Serge Lehman nous embarque dans un récit digne d’un Stephen King. C’est d’ailleurs lui qui me donnera envie de lire Flatland d’Edwin Abbott, mais j’en parlerai plus loin.


Toujours dans la collection UHL, j’ai lu les deux premiers tomes sur trois de Molly Southbourne de Tade Thompson. Les meurtres de Molly Southbourne et La survie de Molly Southbourne sont les deux premiers tomes d’une aventure aussi fascinante qu’énigmatique. Dans un futur plus ou moins lointain, Molly Southbourne est une enfant à la vie isolée : elle vit à la campagne, n’est pas scolarisée, ses parents lui apprennent à se battre et lui rappellent sans arrêt : « Si tu vois une fille qui te ressemble, cours et bas-toi. Ne saigne pas. Si tu saignes, une compresse, le feu, du détergent. Si tu trouves un trou, va chercher tes parents ». Que peut bien cacher ces mystérieuses indications ? On le découvre peu à peu au fil du récit, et alors se découvre une intrigue aux ramifications spectaculaires. Il faut que je lise le troisième tome au plus vite !


Chaque année au mois de mai, il est possible de lire le Hors-Série de la collection gratuitement en achetant au moins deux titres de la collection. C’est donc ce que j’ai fait (deux fois) pour pouvoir lire les hors-séries des années précédentes. J’ai lu celui de 2024 contenant la nouvelle de Rich Larson au titre bien étrange : Comment Quini le Calmar a égaré son Klobučar. Bon, je vous le dis tout de suite, je n’ai pas beaucoup aimé cette nouvelle. Je ne l’ai pas bien comprise non plus. C’était un peu fouillis, avec des noms compliqués à retenir, des personnages auquel je ne me suis pas attachée, une intrigue qui ne m’a pas intéressée. Ce n’était clairement pas une nouvelle pour moi, mais j’ai lu tout un tas d’avis positifs à son sujet que je vous invite à aller découvrir sur Babelio.

Pour terminer dans la collection UHL, j’ai lu L’homme qui mit fin à l’histoire de Ken Liu, sur Nextory. Et quelle claque ! Vision du passé, histoire du Japon, seconde guerre mondiale, le sujet est dense mais l’auteur le rend accessible de façon à dénoncer les crimes de guerre commis par l’Unité 731. Attention tout de même car certains passages sont très durs à lire, même s’ils ne font que retranscrire ce qui a été fait durant la guerre. Une pépite à découvrir !

Je rappelle que toutes les couvertures de la collection sont signées Aurélien Police, un artiste au talent incontestable !
On passe maintenant aux graphiques ! Je mélange BD et mangas, comme ça c’est plus simple. Et on commence avec l’OVNI graphique (c’est pas moi qui le dis, c’est Metal Hurlant) Cometa d’Elie Huault, paru aux éditions Les humanoïdes Associés en avril 2025. Alors OVNI graphique, oui, avec des dessins en noir et blanc envoûtants et déconcertants. OVNI scénaristique un peu moins, si ce n’est l’absence de dialogues et de sons qui rappellent le vide de l’espace. C’est étrange, c’est organique, ça foisonne de petits détails, bref, c’était quand même chouette (et découvert grâce à Nextory encore une fois). Dans la foulée, j’ai lu la BD L’éveil de Tirésias, de Camille Bordes et Simon Hureau paru aux éditions La boîte à bulles en mai 2025. L’histoire du plus grand devin de la Grèce antique sous le prisme de notre époque contemporaine. C’est doux, poétique, les dessins sont d’une grande finesse et invitent à la contemplation. Encore une belle découverte sur Nextory (je suis même pas rémunérée, je vous jure).


J’ai lu Le manoir des murmures 1, Sarah, premier opus d’une série de trois tomes par David Muñoz, Tirso & Javi Montes, paru aux éditions Les humanoïdes associés en 2014. Dans un orphelinat, Sarah se réveille sans savoir ce qu’elle fait là. Elle aurait été au contact d’un mystérieux virus qui aurait décimé toute sa famille, selon les médecins. Mais selon les autres enfants, la raison est tout autre… Un chouette premier tome qui donne envie de poursuivre !



Depuis sa parution en avril dernier, j’avais très envie de lire l’adaptation graphique de Watership Down de Richard Adams, par James Sturm et Joe Sutpin. Les éditions Monsieur Toussaint Louverture ont encore réalisé un travail admirable sur cet ouvrage. Je possède d’ailleurs la version roman de la même maison d’édition, un petit bijou lui aussi. Je ne peux que vous encourager à le lire vous aussi, il y a tout ce qu’il faut : de l’aventure, l’amitié, du courage, de l’espoir, de la force et des petits lapins.



Pour finir sur les BD, j’ai lu l’adaptation graphique du roman de Mary Shelley, Frankenstein ou le Prométhée moderne, par Sergio A. Sierra et Meritxell Ribas Puigmal, paru aux édition Aventuriers d’ailleurs en février 2025. Une adaptation fidèle au roman de Shelley, sublimée par des dessins qui jouent sur les ombres et la couleur, grâce à la technique du grattage. Un ouvrage intense qui ravira les fans de l’œuvre.



Côté manga, j’ai lu les six premiers tomes d’une série de seinen que j’ai vraiment beaucoup aimée, Sans expérience, de Mayu Minase, dont le premier tome est paru en février 2021. Kiyoshi et Sumi se marient alors qu’ils n’ont jamais eu aucun expérience de couple avant cela. Timide maladif, Kiyoshi tente tant bien que mal de se rapprocher de sa femme, ce qui donne des scènes très cocasses mais aussi très mignonnes. C’est un manga vraiment rafraîchissant qui m’a aidée à tenir pendant la canicule !






On passe désormais aux romans et nouvelles (autres que UHL). J’en parlais plus haut, j’ai lu Flatland d’Edwin Abbott qui traînait dans ma pal depuis un moment, après avoir L’inversion de Polyphème (il faut le lire pour comprendre). Flatland, c’est une incursion dans un monde en deux dimensions dont les habitants sont des figures géométriques : cercles, carrés, triangles etc. Leur classe sociale est déterminée par le nombre de côtés des figures et les femmes sont considérées comme des moins que rien. Jusqu’au jour où un Carré fait la rencontre d’une Sphère qui vient de la troisième dimension. Un récit au premier abord compliqué mais qui se révèle au final absolument passionnant.

S’il y a bien une lecture sur laquelle j’ai traîné alors que je l’ai beaucoup aimée, c’est Le solstice des ombres, Soeurs de haine T1 de Benjamin Lupu, paru chez Mnémos en avril 2025. Je ne vais pas m’étendre ici puisque je l’ai chroniqué, tu peux aller lire mon retour ici. Dans un tout autre registre, mais vraiment tout autre attention, j’ai lu Dévore de Loana Hoarau. On m’avait mise en garde de la brutalité de ses récits, et en particulier celui-ci. En un peu plus de 70 pages, j’aurai eu envie de vomir à de nombreuses reprises. Oui, à ce point là. C’est malsain, glauque, pervers, ultra dérangeant (et dérangé). Je me suis demandé à un moment pourquoi je m’infligeais ça. Mais j’aime souffrir. Alors je l’ai lu jusqu’au bout, et j’ai compris ce qu’à souhaité faire l’autrice. C’est très réussi. Mais il faut avoir le cœur accroché. Et les tripes (TW : viol, torture, sang, amputation, séquestration).

Passons à quelque chose d’un peu plus léger avec Le Basculement de Stéphane Heska aux éditions Seconde Chance. Un récit très chouette à mi-chemin entre la science-fiction et la fantasy, très original avec des personnages humains et attachants. Imaginez, du jour au lendemain, le monde bascule dans une dimension où la technologie n’existe pas. Adieu téléphone, wifi, ordinateur, vêtements synthétiques et autres joyeusetés du monde contemporain. En plus de ça, des êtres dignes de contes de fées débarquent : gnomes, trolls, orcs, elfes, sans oublier tout un tas d’animaux étranges. Et puis vous vous rendez compte que vous avez des pouvoirs magiques ! Ce qui est génial dans cette histoire, c’est que le récit prend place à Lyon, qu’on peut aisément se représenter. Ça offre une vraie proximité avec les personnages, j’ai beaucoup aimé. Merci encore à la maison d’édition qui me l’a proposé en service presse !

J’ai l’impression que ça n’en finit pas ce bilan (ce n’est peut-être pas qu’une impression…). En tout cas, on arrive à la fin ! J’ai lu une courte nouvelle parue aux éditions 1115 en 2022 intitulée Les Tiges, de Thomas Geha (qui n’est autre que ce cher Xavier Dollo, co-fondateur des éditions Argyll). Les Tiges est un récit polymorphe qui met en scène une plante colonisant l’entièreté d’une planète qui vit en symbiose avec les humains. Ou presque… Originale et déroutante, cette nouvelle m’a rappelé le roman de Sue Burke intitulé Semiosis, que j’avais énormément apprécié. Enfin, j’ai clos le mois de juillet sur la brèche avec un essai de Jean-Marc Gancille reçu dans le cadre de la masse critique Babelio non fiction. Dans Carnage : Pour en finir avec l’anthropocentrisme, l’auteur nous plombe un peu le moral dès le début. Entre la chasse qui décime les espèces, la surpêche qui vide les océans, le trafics d’animaux sauvages, la recherche scientifique qui torture dans les laboratoires, les zoos qui prélèvent dans la nature, l’être humain extermine, détruit, ravage, dévaste. Mais l’auteur ne fait pas que constater, il propose également des solutions. Un texte intéressant et instructif qui foisonne de données chiffrées et sourcées pour détruire les arguments pro-viande de tonton bourré au repas de famille.


Lecture bonus !
Comme je n’ai pas su dans quelle catégorie le caser, je le mets en bonus à la fin. Il s’agit du numéro 119 du magazine Bifrost consacré à Greg Bear, grand nom de la science-fiction biopunk. Mais aussi deux nouvelles signées Nicolas Martin et Leigh Brackett, deux interview de Greg Bear et son épouse Astrid (fille de Poul Anderson) et tout un tas de recommandations de lectures !

Voilà pour mon mois de juillet ! Je suis plutôt fière et même surprise d’avoir lu autant ! J’ai bien avancé dans la collection UHL, j’ai fait de belles découvertes grâce à Nextory et je continue sur ma lancée au mois d’août !
On se retrouve fin août pour le prochain bilan, en attendant, bel été à toutes et tous 🙂









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