Quatrième de couverture : Guerlain revient en compagnie de son jeune fils vivre dans le manoir où lui-même a vécu avec ses trois soeurs étant enfant. Etrangement, il n’a aucun souvenir de ce temps passé. Alors que Guerlain est sujet aux insomnies et que ses nuits sont compliquées, de curieux événements se produisent entre les murs de cette impressionnante bâtisse. Sont-ils bienveillants ou annonciateurs d’un danger imminent ?
Mon avis
En ouvrant pour la première fois Minuit passé, je ne savais pas vraiment à quel genre d’oeuvre m’attendre. Peut-être à quelque chose d’assez sombre, lugubre, voire triste. Mais il n’en est rien. Gaëlle Geniller a créé ici une histoire à l’atmosphère ésotérique et mystérieuse à l’aide de dessins d’une finesse exquise et d’une palette de couleurs chaudes et automnales.
Alors que Guerlain a vécu toute son enfance dans le grand manoir familial avec ses trois soeurs, il ne garde que très peu de souvenirs de la bâtisse. Aussi, lorsque des années plus tard il retourne s’y installer avec son jeune fils, Nisse, Guerlain se trouve confronté aux mêmes étranges apparitions dont il avait tout oublié. Insomniaque, il se réveille toujours minuit passé. Il déambule alors dans les nombreuses pièces que compte le manoir, cherchant une explication aux mystérieux phénomènes qui s’y déroulent : trois corneilles le suivent de près depuis son arrivée et lui apportent diverses fleurs, des portent qui s’ouvrent toute seule, une galerie de portraits inquiétants aux yeux luisants dans le noir, mais surtout, une ombre effrayante semble l’observer…
Il y a ceux qui dorment. Il y a ceux qui rêvent. Il y a ceux qui trouvent la nuit aussi claire que le jour. Et d’autres pour qui le jour est aussi sombre que la nuit.
Gaëlle Geniller a réalisé ici une oeuvre équivoque d’une grande douceur. Malgré l’aspect obscur et mélancolique des planches, la relation rayonnante entre Guerlain et son fils éclaire le récit et lui apporte beaucoup de bienveillance. C’est un lien très fort qui unit Guerlain et Nisse, et cette relation se retranscrit de manière très tendre dans les dessins. le coup de crayon est léger sans être absent, il s’exprime avec maîtrise. Les décors du manoir sont tout simplement somptueux, riches de nombreux éléments qui plongent le lectorat quelques décennies en arrière, probablement les années 30 ou 40. Les traits des personnages sont expressifs et vivants, l’autrice a beaucoup travaillé sur leur style vestimentaire comme on l’apprend dans le cahier graphique en fin d’ouvrage. Guerlain arbore un style digne des plus grandes maisons de coutures, j’ai adoré !
Le travail de coloration est également très soigné. Les teintes chaudes dominent la première partie de l’oeuvre, elles énergisent les scènes et donnent un sentiment de réconfort. Tandis que les nuances plus froides comme le vert, violet ou bleu, sont synonymes de mélancolie, de vague à l’âme, elles sont omniprésentes dans la seconde partie où l’on découvre la jeunesse de Guerlain au manoir avec ses soeurs. La troisième partie oscille entre les deux, comme si elle oscillait entre passé et présent, entre nostalgie et bonheur présent. C’est dans cette partie que Guerlain comprend son passé et l’accepte, je l’ai trouvée très poétique et émouvante.
Minuit passé est un superbe ouvrage qui m’a enveloppé dans une petite bulle de réconfort le temps de sa lecture. J’ai apprécié la petite référence au jeu vidéo Zelda, il faut avoir l’oeil alors je vous laisse chercher vous-même !
Un scénario nimbé de mystère, des dessins vivaces et des couleurs envoûtantes, un travail qui mérite ses cinq étoiles.
Ne cesse jamais d’être toi pour quelqu’un d’autre
Merci infiniment aux éditions Delcourt pour leur confiance renouvelée avec ce service presse non rémunéré.









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