« Chaque lecture est un acte de résistance  » Daniel Pennac

Les morts posséderont la terre : une diatribe anarchiste pour l’émancipation sociale

Résumé : Désormais en cavale, Danielle Cain et son équipe d’apprentis chasseurs de démons atterrissent à Pendleton, dans le Montana, après un accident de voiture.La ville, qui a connu des jours meilleurs, leur réserve bien des surprises : une bibliothèque occulte anarchiste, des habitants qui prétendent être revenus d’entre les morts, ou d’autres ayant carrément disparu sans laisser de traces.Voyant là l’occasion idéale de développer leurs compétences magiques, la bande de joyeux punks se met en tête de sauver la ville du nécromancien local, au risque de déclencher, au passage, rien moins que l’apocalypse elle-même !

Mon avis

Les morts posséderont la Terre est le quatrième opus paru dans la collection RéciFs aux éditions Argyll, une compilation de courts récits qui met les femmes à l’honneur. Il s’agit du troisième texte publié par Margaret Killjoy chez Argyll, après Un pays de fantômes et L’agneau égorgera le lion.

Suite direct de L’agneau égorgera le lion, le nouvel opus de Margaret Killjoy nous plonge dans son univers audacieux mêlant des éléments fantastiques à des thématiques anarqueer (pour anarchie et queer). Dans Les morts posséderont la Terre, direction Pendleton, dans le Montana, aux côtés de Danielle Cain et de sa joyeuse bande de potes haute en couleurs. Après un accident de voiture qui les met sur le carreau, la troupe est accueillie par un couple anarchiste dans la bibliothèque de la ville. Malgré l’apparente quiétude de la localité, un mal ronge les lieux, comme vont rapidement le découvrir les jeunes gens : certains habitants reviennent d’entre les morts, tandis que d’autres ont disparu sans laisser de traces. Les joyeux drilles se mettent alors en quête de la source de cette malédiction.

Je n’avais pas eu cette sensation de contrôle depuis des mois. Pas à cause de la magie et des démons. C’était la mort de Clay. Il était, comment dit-on… Pas ma pierre angulaire. Ma clé de voûte. Son existence, où qu’il fût, me maintenait en un seul morceau. Mais il était parti et je ne m’étais plus sentie maîtresse de la situation depuis.

Fidèle à l’esprit de Margaret Killjoy, l’oeuvre aborde des thèmes chers à l’autrice comme la critique des structures de pouvoir, l’injustice sociale et la résilience des communautés opprimées. Les personnages, souvent issus de milieux marginalisés, trouvent dans leur solidarité et leur engagement une force pour défier un système oppressif. Comme dans ses précédents travaux, Killjoy n’hésite pas à combiner différents genres – entre surnaturel, science-fiction et satire sociale – offre une lecture riche et imprévisible, où la frontière entre le fantastique et le réel devient poreuse et porteuse d’un message engagé. le style se caractérise par des dialogues mordant, une verve tranchante et une narration qui ne laisse aucune place à l’indifférence, le tout porté par un ton irrévérencieux dont on se délecte du début à la fin.

Voyager avec les autres est toujours un compromis. Être proche d’eux également. Est-ce qu’on renonce à une partie de notre autonomie pour être à plusieurs ? Est-ce que ça vaut le coup ?

Le récit questionne également la notion de mémoire collective et comment le passé peut ressurgir pour influencer le présent. L’idée que ceux que l’on avait considérés comme éteints pourraient reprendre leur place légitime dans la transformation du monde est centrale dans cette oeuvre. Le titre lui-même, Les morts posséderont la Terre, est une déclaration puissante : ceux que la société avait relégués aux oubliettes finissent par émerger, transformant leur condition d’invisibles en une force révolutionnaire capable de remodeler le monde.

Les morts posséderont la terre est bien plus qu’un récit fantastique. C’est une ode à la résistance et à l’émancipation, un plaidoyer contre l’injustice sociale qui se lit autant comme une oeuvre de divertissement qu’un manifeste politique. Ce texte est un véritable outil de réflexion critique sur les dynamiques sociales et politiques actuelles pour les amateurs de récits engagés où le surnaturel se mêle à la lutte pour les droits humains.

Fiche technique

  • Autrice : Margaret Killjoy
  • Maison d’édition : Argyll
  • Pages : 146
  • Parution : 02/07/2025
  • Prix éditeur : 12.90 euros
  • ISBN : 978-2-494665-59-0

One response to “Les morts posséderont la terre : une diatribe anarchiste pour l’émancipation sociale”

  1. […] Grande découverte pour moi en 2024, l’autrice Maragaret Killjoy a été publiée aux éditios Argyll dans la collection RéciFs qui met en avant des récits écrits par des femmes du monde entier. Dans Les morts posséderont la terre, suite de L’agneau égorgera le lion, nous retrouvons notre héroïne Danielle Cain aux côtés d’une joyeuse bande de punks délurés. Je t’en avais parlé sur le blog. […]

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Moi, C’est Anne-Charlotte

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