L’année s’achève et avec elle se tourne une nouvelle page de ma vie de lectrice. Mais avant de regarder vers 2026 et me fixer de nouveaux objectifs de lecture, il est temps de revenir un peu en arrière pour faire le bilan de l’année qui vient de s’écouler. Elle a été riches en belles découvertes, en émotions et en rencontres ! Je t’emmène faire un petit voyage dans le temps en cinq grands thèmes : romans, nouvelles, graphiques, mangas et non-fiction. C’est parti !
ROMANS

L’année 2025 a commencé fort puisque ma toute première lecture a été Aatéa d’Anouck Faure, une pépite de l’imaginaire francophone par l’autrice de La cité diaphane. Tu peux découvrir ma chronique sur le blog.
Morgane Caussarieu nous a offert avec Visqueuse un roman organique, poisseux, collant, qui ne fait pas dans la dentelle et qui chamboule tout sur son passage. Un récit de body horror aussi brut que viscéral, une ôde aux films de monstres américains et aux contes et légendes de nos régions françaises.


La mort de l’auteur est un roman qui m’a profondément touchée, plus que je ne l’aurais cru. Récit à double tranchant, on n’a pas vraiment le sentiment d’évoluer dans un roman de SF, jusqu’à ce que la fin magistrale nous rappelle à la réalité. Nnedi Okorafor est une autrice que je lirai à nouveau avec plaisir en 2026. J’en avais fait une chronique sur le blog à sa sortie.
L’autrice écossaise Vicki Jarrett a fait une incursion remarquée (et remarquable) chez Mnémos avec son roman d’anticipation Toujours le Nord, texte hybride, entre science-fiction, aventure naturaliste, thriller psychologique et réflexion sur l’effondrement du monde. Une expérience sensorielle et déroutante qui m’a profondément marquée


Paru en France en septembre 2024 aux éditions du Bélial, La montagne dans la mer de Ray Nayler est un texte bouleversant sur la communication interespèces et l’intelligence animale, notamment celles de pieuvres qui ont développé une forme avancée d’intelligence sociale. Le roman est absolument passionnant et le ton d’une justesse profonde. J’en avais parlé ici.
NOUVELLES & NOVELLAS
Grande découverte pour moi en 2024, l’autrice Maragaret Killjoy a été publiée aux éditios Argyll dans la collection RéciFs qui met en avant des récits écrits par des femmes du monde entier. Dans Les morts posséderont la terre, suite de L’agneau égorgera le lion, nous retrouvons notre héroïne Danielle Cain aux côtés d’une joyeuse bande de punks délurés. Je t’en avais parlé sur le blog.


Encore un ouvrage des éditions Argyll, bien évidemment ! Hard Mary, de Sofia Samatar, est un texte brillant, subtil et puissant, qui interroge le formatage aussi bien technologique que sociétal. Un petit bijou de réflexion sur l’humanité, la liberté et la transformation. Tu peux retrouver ma chronique ici.
On part cette fois chez Le Bélial’ dans sa collection Une Heure Lumière, avec le texte de Serge Lehman, L’inversion de Polyphème. Le récit mêle avec brio nostalgie, émotions et dimension métaphysique. C’est cet ouvrage qui m’a donné envie par la suite de lire Flatland d’Edwin Abbott, et pour comprendre pourquoi, il faudra lire la nouvelle !


J’ai découvert cette année la collection Dyschroniques des éditions Le passager clandestin et je dois dire que je suis tombée sous le charme des titres publiés. Aucune femme au monde, de Catherine Lucille Moore, est l’un de ceux-là. Une réflexion puissante sur les corps, sur le regard masculin porté sur les corps féminins. S’il y a bien une autrice que je dois lire plus en 2026, c’est Catherine Lucille Moore !
Floriane Soulas est une autrice française de SF que j’affectionne particulièrement. Son parcours en tout qu’ingénieure en génie mécanique imprègne son œuvre et offre à ses textes une vraisemblance convaincante. Dans Soma, elle explore des thématiques féministes contemporaines dans la noirceur futuriste d’un univers cyberpunk. Si tu veux en savoir plus, ma chronique est à retrouver sur le blog.

GRAPHIQUES

J’ai découvert les oeuvres de Timothé Le Boucher en tout début d’année, et je dois dire que j’ai été totalement conquise par son style graphique et scénaristique ! Paru en 2019, Le Patient nous entraîne dans une histoire glaçante au rythme progressif qui fait éclater toutes nos certitudes une à une. Une oeuvre magnétique qui mêle habilement suspense, drame psychologique et réflexion sur l’esprit humain.
Je ne pouvais décemment pas parler de Timothé Le Boucher sans évoquer son oeuvre magistrale Ces jours qui disparaissent, que j’ai dévoré avec avidité. C’est un récit bouleversant de sens et d’une rare intensité qui m’a totalement scotchée. On y suit Lupin, un jeune homme qui s’aperçoit qu’il ne vit plus qu’un jour sur deux et n’a aucun souvenir du temps écoulé et des événements vécus. Une véritable claque graphique !


Dessinateur et scénariste espagnol, Plastiboo est un artiste numérique mystérieux dont les oeuvres le sont tout autant. Vermis est l’une de celles-ci. C’est un livret illustré qui se présente comme un manuel de jeu vidéo appartenant à un RPG imaginaire. Vermis est un univers interactif, un monde de brume où le lecteur-joueur devient témoin et participant d’une mythologie en suspens. J’avais adoré ce voyage singulier et je t’en avais parlé sur le blog.
Mathieu Bablet, grand nom de la BD en France, est l’un de mes auteurs favoris dans le genre. J’attendais avec tant d’impatience Silent Jenny, depuis les premiers dessins publiés par l’auteur sur son compte Instagram. Je n’ai pas été déçue du voyage ! Silent Jenny est une oeuvre grandiose qui aborde les thèmes puissants de l’effondrement écologique, de notre rapport au vivant, sur le vivre ensemble. Une pépite graphique dont ma chronique est disponible ici.


Dernière grosse claque graphique de 2025 avec Deathbringer, d’Ismaël Legrand, qui nous projette dans un univers de dark fantasy brutal et cruel. L’intrigue tourne autour de Henge, jeune femme aux puissants pouvoir recueillie lorsqu’elle était enfant par le capitaine Volostan, aux ordres de l’Inquisition Ce dernier va se servir d’Henge pour traquer les hérétiques et s’affranchir une malédiction qui l’accable depuis des années. Tu peux découvrir ma chronique ici.
MANGAS
Gaia est un véritable objet graphique expérimental qui défie les conventions du récit. Premier ouvrage du jeune artiste japonais Asagi Yaenaga paru aux éditions Huber, on y erre dans un monde qui oscille entre rêve lovecraftien et cauchemar miurien. Pour les fans de dark fantasy gore et sans concession, c’est un ouvrage à ne pas rater.


Paru en octobre 2025, ce premier tome de la saga Animal Human est riche de promesses. Takuya Okada nous propulse dans un monde parallèle où ce sont les animaux qui élèvent les humains pour les manger. Brutal, cruel et sans concessions, le mangaka dénonce de manière subtile le sort que notre société réserve aux animaux non-humains en renversant les rôles. Et ça marche drôlement bien !
Attention, cette fois on arrive sur du très, très lourd. Ma grosse découverte manga de l’année 2025. Je suis tombée sur Panorama de l’enfer d’Hideshi Hino un peu par hasard en faisant des achats dans ma librairie spécialisée. Et je dois dire que je suis heureuse d’avoir sélectionné cet ouvrage car j’ai enchaîné par la suite plusieurs de ses oeuvres qui m’ont autant subjuguée que répugnée !


Mes cents contes mortels d’Anji Matono, c’est une série de dix tomes dans lesquels un jeune garçon un peu étrange raconte de terrifiantes histoires. Des courtes scènes horrifiques dignes d’un Junji Ito, des personnages torturés, des esprits assoiffés de vengeance, tout est fait pour nous donner des frissons en peu de pages. J’aime beaucoup ce côté anthologie et la variété des histoires proposées, ça se répète très peu et elles sont pour certaines réellement terrifiantes !
Je vous avais prévenus, Hideshi Hino est ma découverte phare de 2025 côté manga, alors je ne pouvais pas ne pas mettre un deuxième ouvrage du maître de l’horreur dans mon classement ! L’enfant insecte est tout aussi dérangeant que Panorama de l’enfer, mais avec une dimension beaucoup plus tragique et même triste puisque la fin m’a quasiment arraché une larme. On y retrouve le thème de la métamorphose, qui n’est pas sans rappeler un certain ouvrage de Franz Kafka publié en 1915.

NON-FICTION

Reçu dans le cadre d’une masse critique Babelio, l’essai de Corine Pelluchon La démocratie sans emprise ou la puissance du féminin est un ouvrage qui explore la notion d’emprise caractérisant les relations entre les leaders d’extrême droite et une partie de la population. Pelluchon met en avant la « puissance du féminin », opposée à la force et à l’obsession du contrôle, et nourrie par la gratitude envers le donné. Si tu veux en savoir plus, j’avais publié ma chronique sur le blog.
Survivante des camps de la mort, Ginette Kolinka nous offre dans ce texte des moments de sa vie, des photos de famille, des histoires dans l’Histoire pour que personne n’oublie. Un récit poignant et émouvant qui nous plonge dans les heures les plus sombres de l’humanité.


De tout temps, l’Histoire s’est écrite au masculin. Mais où sont donc passées les femmes ? Avons-nous à ce point intégré le fait que les Hommes ont fait l’Histoire, sans jamais remettre en question la place qu’y ont occupé les femmes ? Car oui, elles ont joué un rôle capital dans le développement de la société, mais étonnamment, l’Histoire a préférer retenir celui des hommes. Titiou Lecoq rend dans cet essai un femmage plus qu’un hommage à toutes ces femmes qui ont délibérément été effacées.
Caranage, pour en finir avec l’anthropocentrisme, est un essai rédigé par Jean-Marc Gancille en 2020 et paru au format poche en 2025. Dans ce texte, l’auteur expose le cruel tableau de la domination exercée par l’être humain sur les animaux, qui sont exploités, torturés, sacrifiés, domestiqués, commercialisés, capturés, dressés, pour notre simple et bon plaisir. Un ouvrage éclairant sur notre rapport au monde animal et qui propose des pistes pour en sortir.


Le silence des autres est un témoignage biographique bouleversant sur la vie de Lydia Gouardo, enfermée et violée par son père de l’enfance à l’âge adulte. Six enfants sont nés de ces viols. Une vie volée, des voisins qui savaient mais n’ont jamais rien dit, un agresseur jamais condamné. Il faut avoir le coeur accroché pour lire ce témoignage, qui est d’une rare violence mais qui a permis à l’autrice de se libérer de ce poids qui pesait sur elle depuis tant d’années.
Bonus : recueils de nouvelles
Petit bonus, je vous partage également les recueils de nouvelles qui m’ont marquée cette année. J’en ai sélectionné quatre :

A l’occasion de la seconde édition de la Solar biennale, le Musée cantonal de design et d’arts appliqués contemporains de Lausanne s’est associé à la maison d’édition La Volte pour inviter douze auteurices à écrire des textes autour d’une thématique lumineuse et éclairante. Le résultat, un recueil qui interroge notre rapport à l’astre diurne pour ouvrir les possibles sur des futurs pas toujours très optimistes, mais souvent confiants. J’en avais publié une chronique sur le blog.
Chants du cauchemar et de la nuit, de Thomas Ligotti, est un recueil horrifique qui rassemble onze nouvelles de l’auteur italien. Ligotti y explore l’angoisse existentielle, la fragilité de la conscience humaine et la nature artificielle ou manipulée de l’homme. Chaque nouvelle explore un aspect de l’angoisse, que ce soit à travers le rêve, les marionnettes, les lieux impossibles, ou la contamination par le savoir et les objets. Je compte bien lire d’autres textes de l’auteur en 2026, à commencer par Mon travail n’est pas terminé.


J’ai reçu ce recueil dans le cadre d’une masse critique Babelio et je dois dire que je suis heureuse d’avoir fait une telle découverte. Révélations, le Trilogie, de Manon Daguet, est un recueil bien singulier. Le recueil qui offre une expérience de lecture en trois dimensions. Cinq nouvelles de science-fiction composent l’ouvrage Fragments d’Apocalypse, ainsi qu’un récit audio, Promenade en jaune, et une pièce de théâtre numérique, Colloque sur la fin du monde, qui viennent compléter l’opuscule. Si tu veux en savoir plus, tu peux lire ma chronique ici.
Mné/sys est un recueil paru aux éditions Mnémos et propose cinq textes de cinq primo-auteurices. Les cinq nouvelles explorent la mémoire sous toutes ses formes : mémoire personnelle, collective, artificielle ou effacée. Chaque récit propose une vision d’un futur possible, interrogeant ce que nous décidons de conserver, oublier ou reconstruire, ce que signifie mémoriser, transmettre, ou oublier. Un ouvrage que j’avais chroniqué sur le blog.

Et voilà, nous avons fait le tour des lectures qui m’ont marquées cette année ! J’espère être parvenue à te donner envie de lire certains ouvrages, et si c’est le cas, n’hésite pas à me dire le(s)quel(s) en commentaire ! Pour ma part, il ne me reste plus qu’à tesouhaiter une belle fin d’année, j’espère que 2026 nous réservera autant de belles découvertes littéraires !









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