Comme chaque année en été, les libraires préparent avec effervescence la rentrée littéraire et ses quelques centaines de nouveautés à proposer aux clients. Dès le 19 août, nous pourrons, nous lecteurices, découvrir ces nouveaux titres, dont certains très alléchants je dois l’admettre ! Parmi les 461 titres annoncés pour cette rentrée 2026, j’en ai sélectionné quelques uns en imaginaire qui me tentent pas mal, dans mes maisons d’éditions favorites (et indépendantes, on le rappelle). Et qui vous plairont aussi très probablement !
Spectres – Thomas Gunzig
Au diable vauvert. 19 août 2026.

Résumé éditeur : « Ce que l’on voyait du Plan dimensionnel secondaire, c’était un paysage. Un paysage étrange et calme. Un ciel d’un noir parfait, immaculé, sans étoiles ni corps célestes. Le sol semblait constitué de structures rectangulaires s’accumulant les unes sur les autres comme l’auraient fait des feuilles mortes en automne. Jusqu’à l’horizon, ou ce qui faisait office d’horizon, il n’y avait rien d’autre qu’un relief légèrement vallonné évoquant la houle sur un océan calme. »
Lorsqu’une physicienne découvre l’accès à une dimension parallèle, il faut peu de temps au capitalisme pour s’en emparer. On y construit des bases. On fore. On détruit. L’objectif ? Exploiter ce qui fut pendant longtemps le plus grand mystère de l’être humain.
Les Âmes de feu – Annie Francé-Harrar
Pocket imaginaire. 20 août 2026.

Résumé éditeur : Une redécouverte exceptionnelle ! Écrit en 1920 par une scientifique allemande et resté inédit en France, Les Âmes de feu prévoyait déjà la catastrophe climatique actuelle. Sidérant de clairvoyance et d’anticipation, un roman surprenant sur un sujet brûlant : la destruction de l’environnement et les dangers qui en résultent pour l’homme.
» En étudiant des échantillons de sol récoltés à proximité des métropoles, Henrik avait suivi la progression de la catastrophe. La bactérie, aussi petite qu’utile, était anéantie en périphérie des usines. De sorte que, si des matières en décomposition se retrouvaient dans le sol, elles ne pouvaient plus être transformées en matière vivante. Les plantes et les animaux souffraient de la faim à leur tour. Seuls les humains, dans leurs tours, dans leurs habitats approvisionnés en air purifié, avec leurs aliments artificiels, pouvaient surmonter cela et y survivre. Eux seuls. «
Prendre forme – Dolki Min
L’Atalante. 20 août 2026.

Résumé éditeur : Un être, échoué depuis une quinzaine d’années en Corée du Sud, apprend encore à vivre parmi nous autres, bipèdes aux normes sociales incompréhensibles et à l’anatomie incommode.
Maintenir l’illusion d’une apparence humaine, ne pas s’effondrer dans les escaliers, avoir l’air naturel en clignant des yeux : telles sont les rudes épreuves qui rythment son quotidien. Toutefois le pire est de se nourrir. Après avoir tout essayé, des restes de poubelle aux pieds de chaise, sans succès… la révélation : la chair humaine. Elle seule peut combler sa faim, mais également son besoin de plus en plus dévorant d’être aimé, son écrasante solitude.
Alors la créature s’installe confortablement dans son fauteuil, ouvre une application de rencontres et parcourt les profils. Il est l’heure de choisir sa prochaine proie.
Hunting_for_love : Salut. Dispo aujourd’hui ?
Les ressources naturelles – Christiane Vadnais
L’Atalante. 20 août 2026.

Résumé éditeur : Au cœur de Montréal s’élève la tour luxuriante, organique, de l’entreprise Torrents. Elle abrite à la fois ses employés et une multitude d’espèces animales et végétales. L’ensemble compose une réponse à l’effondrement écologique et climatique qui dévaste la planète.
Récemment promue à la tête de la communication, l’ancienne militante Clémence Saint-Pierre est convaincue d’être au bon endroit pour défendre les écosystèmes de toutes parts menacés. Son intelligence et ses capacités sont rapidement mises à l’épreuve par la crise d’extinction sans précédent qui affecte le Saint-Laurent : du jour au lendemain, toutes les espèces végétales et animales qui s’y trouvaient ont disparu. Au milieu du fleuve, un immense vide est apparu, provoquant un profond malaise chez quiconque tente de s’en approcher.
Là où l’État est démuni, la multinationale peut empêcher l’inexorable. Elle y envoie ses plus récents outils, une nuée de méduses augmentées, dont l’une d’elles, défectueuse, attirera la curiosité de Clémence et ébranlera ses idéaux.
La grande interruption – Sibylle Grimbert
Éditions du Seuil. 21 août 2026.

Résumé éditeur : Quand Josépha se réveille, tout est déjà fini. Immobile sur une colline, elle contemple l’effondrement du monde parfait que les boîtes, ses semblables, ont créé lorsque, parvenues au stade suprême de l’intelligence artificielle, elles ont décidé d’arracher la Terre aux ravages de l’humanité. Pendant des siècles la nature a repris ses droits et les derniers humains ont connu une douce torpeur, confinés dans les villes où Josépha et les siennes les ont isolés. Jusqu’à ce que le système se dérègle.
Soudain, une enfant de 11 ans s’approche, Nadine, la seule survivante de sa communauté. Ensemble, elles décident de partir, Nadine espérant retrouver d’autres rescapés et Josépha pouvoir résoudre ce terrible dysfonctionnement. Commence un voyage qui va les entraîner dans un monde suspendu entre deux destinées possibles, celle que les boîtes avaient imaginée pour la Terre et les vieux rêves humains, lourds de grandeurs et de menaces.
Après Le Dernier des siens, Sibylle Grimbert surprend à nouveau en prolongeant dans ce roman son exploration de la crise du vivant. Entre conte de fées malicieux et roman post-apocalyptique, elle crée un monde qui nous amène aux frontières mêmes de notre humanité.
La désabondance – Antoine Chainas
Éditions Plon. 21 août 2026.

Résumé éditeur : Disparues depuis dix ans au cœur des montagnes après la fuite de leur père, les cinq sœurs Kowalsky réapparaissent et deviennent un phénomène mondial avant d’être intégrées au projet spatial EnnoIA. Propulsées aux confins du système solaire à bord du vaisseau la Génitrice, une intelligence artificielle conçue pour explorer l’univers, elles cherchent de nouveaux espaces pour développer le tourisme spatial de demain.
Mais le programme de la Génitrice semble soudain s’enrayer et tandis que le vaisseau erre dans le vide sidéral, que les frontières spatio-temporelles se font plus poreuses et qu’une catastrophe imminente approche, l’une des sœurs parvient à s’éjecter du vaisseau à bord d’une capsule pour rejoindre la Terre. Elle y retrouve une humanité ayant tourné le dos à la technologie et à l’idée de progrès. Vivants dans la forêt en tribus nomades, les êtres humains sont de moins en moins nombreux et le processus de désabondance enclenché des décennies plus tôt est poussé à son acmé jusqu’à l’étiolement du langage.
Entre nature et technologie, instinct et raison, La Désabondance raconte l’épuisement d’un modèle – celui de l’abondance, du progrès, de la maîtrise.
Sans-seigneur – Christophe Guillemain
Mnémos. 26 août 2026.

Résumé éditeur : Entre mythes antiques et dark fantasy, Sans-Seigneur plonge le lecteur dans une épopée sombre où la foi vacille, où les héros se brisent, et où chaque choix peut condamner le monde tout entier.
Langue natale – Suzette Haden Elgin
Mnémos. 26 août 2026.

Résumé éditeur : À travers le destin de Nazareth Chornyak et d’autres femmes des Lignées, le roman explore une résistance silencieuse mais puissante : la création d’un langage nouveau, capable d’exprimer ce que le monde refuse de nommer.
Entre science-fiction, critique sociale et réflexion linguistique, ce texte visionnaire met en lumière le pouvoir des mots comme outil d’émancipation.
Défections & Cie – Infernus Iohannes
Rivages. 26 août 2026.

Résumé éditeur : Morts ou vivants, soldats perdus, moines épuisés, justiciers de seconde zone, les personnages de ce livre ont en commun une tendance refoulée à la rébellion. Des chefs lointains, des maîtres idiots les ont poussés dans une impasse. Le destin les écrase. Rôdent alors des solutions suicidaires, ou l’idée d’abandon, ou encore le tabou de la désobéissance. Frère 1011, par exemple, a abouti sur une plage après la destruction totale du monde. Va-t-il écouter les conseils des déités qui bronzent à côté de lui, et qui prétendent que tout est fichu ? Ou partira-t-il évangéliser les crabes qui sont les seuls survivants du désastre ?
Malaise chez les plongeuses – Infernus Iohannes
La Volte. 27 août 2026.

Résumé éditeur : Plonger, partir en apnée au fond des rêves, changer d’univers, pas de problème quand on a reçu un entraînement d’excellence. Or, une fois sur zone, les imprévus se multiplient, et les envoyées spéciales ne sont plus très sûres que leur mission ait un sens. Elles ont atteint l’au-delà du noir et elles sont seules. Sur la terre d’où elles viennent, rien ne va plus. L’humanité vit ses derniers moments, laïcs et religieux font alliance, comptant sur la magie, la prière et quelques voyageuses oniriques pour que l’espèce dominante ne s’éteigne pas : c’est dire où elle en est dans son naufrage, cette fameuse espèce.
Politiques de la science-fiction : La science-fiction est-elle un terrain de lutte ? – Thomas ARCISZEWSKI & Ariel KYROU & Cynthia LOPEZ-BAGOUSSE
ActuSF. 27 août 2026.

Résumé éditeur : Le futur est-il un terrain de luttes ?
Quels ont été et quels sont aujourd’hui les rapports de la science-fiction aux enjeux politiques et aux questions de société ?
A travers des articles, des entretiens et six nouvelles, Politiques de la science-fiction invite à un voyage riche de réflexions et d’imaginaires, entre utopies et dystopies, peurs de l’avenir et quêtes d’émancipation, prospectives plurielles et explorations de mondes alternatifs. Tout cela autour de trois grands chapitres : Une socio-politique de la SF, Faire avec la science-fiction et Dans la pluralité de la SF d’aujourd’hui.
Un ouvrage piloté par Thomas Arciszewski et Cynthia Lopez-Bagousse, chercheurs de l’Université d’Aix-Marseille, ainsi qu’Ariel Kyrou, auteur de l’essai Dans les imaginaires du futur.
Ce qui dort sous le camélia – Claudie O. Wetterwald
Éditions du Gros caillou. 27 août 2026.

Résumé éditeur : Si ceux qui veulent nous intimer le silence sont furieux contre nous, ce n’est pas pour nos crimes, mais parce que nous leur avons fait le plus terrible des affronts. Nous avons survécu. » Elles sont 254, alignées sur les bancs des prévenues d’un procès extraordinaire. Des femmes de tous âges, de tous milieux, accusées d’avoir commis le pire au cours du Désastre. Parmi elles, il y a Lisenn Delors. Jamais on ne la soupçonnerait du moindre crime. Et c’est peut-être cela qu’on lui reproche le plus. Pour la défendre, Rym Kettani, son avocate, replonge dans ses souvenirs de cette période sombre. Elle aussi y a survécu, mais le monde d’après semble encore pire.
Dans ce roman aux personnages profondément humains, Claudie O.Wetterwald nous confronte à nos propres dilemmes. Elle décrit avec finesse la fragilité d’une société quand survient le chaos et envoûte son lecteur jusqu’au mot fin.
La grande misère – Infernus Iohannes
Éditions de l’Olivier. 28 août 2026.

Résumé éditeur : Un petit groupe de survivants avance sans relâche à travers des landes désertes. Parmi eux, une ancienne moinesse dont les prières semblent aimanter le désastre, et un barde qui, la nuit venue, chante la fin de tout. La marche s’étire, ponctuée de rencontres inquiétantes, d’attaques de loups, d’incidents tragiques qui démantèlent peu à peu la fragile cohorte. Sur leurs traces se met en route une étrange bonzesse chargée de remettre ces rescapés sur un chemin moins éprouvant. Mais pour ceux qui restent, l’errance se poursuit, prenant parfois la forme d’un western ralenti et déjanté.
Retour au goudron est un objet monumental, constitué de 343 cahiers bardiques aux rubriques régulières, à l’intérieur desquels figurent de nombreux textes inédits. Ces textes font l’objet d’une édition en onze volumes parus simultanément chez des éditeurs différents. La Grande misère est l’une des composantes de cette ultime performance littéraire.








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