« Chaque lecture est un acte de résistance  » Daniel Pennac

Bilan de mes lecture du mois de juin 2026

Nous voici à nouveau pour un bilan mensuel de lecture ! Les mois défilent si vite, je les vois à peine passer. J’ai parfois l’impression de ne rien faire alors que, pourtant, je fais énormément de choses. J’ai ralenti par rapport au mois de mai tout de même. Un peu moins de sorties prévues les week-ends, pas de salon ni de festival, c’était plus calme. En revanche la canicule a vraiment impacté mon envie de lire ou de faire toute sorte d’activité en extérieur. On a tout de même fait une randonnée le 20 juin près du lac de Saint Ferréol, en partant tôt le matin, l’air était un peu moins étouffant qu’en plein centre de Toulouse, on a même eu les pieds gelés lorsqu’il a fallu traverser un cours d’eau. En revanche la clim a tourné toutes les nuits dans la chambre car la température dans l’appart est montée à 31 degrés, difficile de vivre dans cette fournaise. J’ai aussi participé à ma dernière session de jeu de rôle de la saison à l’asso comme maîtresse de jeu, j’attends désormais la rentrée pour reprendre les soirées one shot car organiser les parties à domicile quand il fait aussi chaud, c’est un peu compliqué. Enfin, je suis très attristée car la batterie de ma liseuse m’a lâchée, après 8 ou 9 années de bons et loyaux services. Je ne sais pas si c’est la chaleur ou tout simplement l’obsolescence qui a eu raison d’elle, mais je dois maintenant trouver un moyen de transférer tous les livres numériques, car mon PC ne reconnaît plus la liseuse quand je la branche…

Bref, on en vient finalement à mes lectures ! Elles ont été diverses en juin, j’ai lu sur différents supports et dans différents formats, pour un total de seize lectures. Six novellas, quatre livres audio, quatre romans, un recueil de nouvelles et un manga. J’ai eu de belles surprises mais aussi une grosse déconvenue. Je vous raconte tout en détails.

NOVELLAS

J’affectionne tellement le format novella, qui a trop longtemps été délaissé en France tandis qu’il était extrêmement populaire dans les pays anglo-saxons. Première lecture de juin , La vieille anglaise et le continent, de Jeanne-A Desbats a été une plongée ultra rafraîchissante au coeur de l’océan au plus près des cétacés, dans la toute nouvelle collection Nagori des éditions ActuSF. J’ai adoré ce récit. J’ai découvert l’auteur Ian Soliane en juin à travers deux de ses ouvrages : tout d’abord, La mécanique des roses, un court texte théâtral qui n’est pas sans rappeler Aucune femme au monde, de Catherine L. Moore. Le texte de Ian Soliane en revanche est beaucoup trop court à mon goût pour proposer une véritable réflexion. Peut-être que ce texte révèle toute sa profondeur lorsqu’il est mis en scène, autrement, on reste un peu sur sa faim. Le deuxième ouvrage de l’auteur est paru tout récemment dans la collection Ailleurs &Demain des éditions Robert Laffont, il s’agit de la novella Le pèse-dieu, que je m’étais procuré aux Imaginales fin mai. J’ai ensuite lu Le choeur immortel portera toutes les voix, troisième tome des aventures de Danielle Cain, de l’autrice Margaret Killjoy, publié dans la collection RéciFs des éditions Argyll. Mon choix s’est ensuite porté sur les deux nouveaux ouvrages de la collection Une Heure Lumière des éditions Le Bélial, avec Mondes de poche de Brenda Peynado et Sept vues sur les gorges d’Olduvaï de Mike Resnick.

La vieille anglaise et le continent : Certaines propositions ne se refusent pas. Même lorsque vous êtes une très vieille eco-warrioracariâtre et à l’agonie, même si l’offre va à l’encontre de tous les idéaux que vous avez défendus pendant des années : le transfert de votre esprit dans un nouveau corps. Mais ce n’est pas n’importe quel corps qui attend Ann Kelvin, c’est celui d’un grand cachalot, un des derniers de son espèce.

Note : 5 sur 5.

La mécanique des roses : La Mécanique des Roses relate l’histoire de Maïa, premier robot humanoïde à remporter un prix d’interprétation dans un festival de cinéma. Sa performance bouleversante dans le film « Les Roses » a conquis le jury. C’est une déflagration qui engendre aussi bien terreur que révolte. Roman, réalisateur du film primé, est le propriétaire de Maïa qui devient sa muse.

Note : 3.5 sur 5.

Le pèse-dieu : Un voyage géographique, littéraire et émotionnel dans les Limbes, un au-delà virtuel où les morts se réveillent. Une fille s’est suicidée. Un père décide de descendre aux Limbes pour la sauver. Mais où demeure-t-elle ? Est-elle aussi seule qu’il le pense ? Et pourront-ils retrouver ensemble le chemin des vivants, du réel ? Faites qu’il y ait des réponses, espère le père.

Note : 2.5 sur 5.

Le choeur immortel portera toutes les voix : Toujours en cavale, Danielle Cain et son équipe d’apprentis chasseurs de démons se planquent désormais dans les contrées sauvages de l’Idaho, près d’un bois d’où, toutes les nuits, retentissent de terribles rugissements.Alors, pour se tenir éveillés, Danielle, Brynn et les autres se racontent tour à tour des histoires de trolls, de fées et de violences policières. Des histoires pour se souvenir de celles et ceux qui ont lutté et ne sont aujourd’hui plus là. Des histoires au coin du feu pour être ensemble et éloigner les ombres menaçantes.

Note : 3.5 sur 5.

Mondes de poche : Futur proche, Saint-Domingue et ailleurs…
La découverte des mondes de poche, ces univers parallèles minuscules où le temps s’écoule à des vitesses variables, promet de bouleverser l’ensemble des sociétés humaines. Scientifiques et universitaires se lancent bientôt dans des missions d’exploration, pressés d’étudier ces horizons inédits et leur potentiel apparemment sans limite. Raquel et son épouse Marlena sont de ces explorateurs d’un genre nouveau. Mais suite à un incident, Raquel tombe dans un de ces mondes-piège où le temps file à une vitesse sidérante. Or si, de son point de vue, elle en ressort très vite, quarante années se sont écoulées en temps objectif.

Note : 4 sur 5.

Sept vues sur les gorges d’Olduvaï : Dans les gorges tanzaniennes d’Olduvaï, un groupe d’extraterrestres d’origines diverses, des scientifiques, entreprend de retracer l’histoire unique de ce singe sans poil qui fit de l’univers son royaume. Pour cela ils disposent de sept artefacts trouvés dans ce lieu où l’Homme commit ses premiers pas, et des capacités hors normes de l’un des leurs, à même de « sentir » les objets en les « assimilant »… Ainsi, à travers les récits révélés de ces reliques exhumées, ce sont la naissance, l’ascension et l’ultime chute d’homo sapiens que vont revivre ces enquêteurs d’outre-espace.

Note : 3 sur 5.

ROMANS

En juin, quatre romans m’ont accompagnée, de quatre maisons d’édition différentes. Pour commencer, Au creux des étoiles, d’Emmanuel Brière le Moan, aux éditions Mnémos. Une énorme déception sur laquelle je ne reviendrai pas, mais vous pouvez toujours aller lire ma chronique en cliquant sur l’image. Véritable OVNI littéraire, El Gusano, de Luis Carlos Barragán Castro, aux éditions Hikaya, m’a totalement déroutée, mais je dois dire que le propos était très intéressant malgré la bizzarerie du texte. Je me dois en revanche de saluer l’incroyable travail de traduction réalisé par Jeanne Godard-Davant. Toujours en SF, j’ai lu Lame de la forêt, de Charlène Lefèvre, un récit qui m’a énormément plu tant par le travail de la plume que par l’histoire. Pour finir, dans un registre complètement différent, j’ai lu Masha la sans-utérus, de Raphaël Eymery, une fable horrifique de body-horror comme je n’en ai jamais lu auparavant.

Au creux des étoiles : Pour Julius Harrison, un gamer criblé de dettes, les simulations semblent une échappatoire idéale. Mais la vérité est terrifiante : la Terre est tombée, anéantie. Son cerveau, comme ceux de quatorze autres recrues d’élite, a été brutalement extrait et inséré dans un neurovaisseau par des êtres que l’on nomme les Cervidiens. Leur mission ? Débusquer l’origine de l’intelligence dans la galaxie. Au fil de ce voyage vertigineux, ils affrontent des dangers insoupçonnés, rencontrent des civilisations aux logiques étrangères,
et voient leur propre identité se dissoudre dans l’immensité cosmique. Entre amnésies temporaires et transformations radicales, leur quête les mène aux confins de l’univers, là où le sens même de l’existence se redéfinit.

Note : 2 sur 5.

El Gusano : Sa mamá l’avait averti, on ne touche pas les autres ! Quand le petit César effleure la peau de Sara, ce n’est pas uniquement un contact qui s’opère, c’est une fusion. Ce n’est pas la première ni la dernière. Bien au contraire. Le monde entier assiste à ce phénomène étrange et bouleversant. Une fois adulte, César décidera de quitter son village de Colombie pour rechercher Sara, la petite syrienne qui l’avait marqué jusque dans son essence. Entre guerrillas urbaines en Colombie, conflits au Moyen‐Orient, politique internationale et musique pop, El Gusano nous transporte dans ce monde où la quête d’identité n’est plus une affaire personnelle, mais universelle et collective.

Note : 3.5 sur 5.

Lame de la forêt : Seriez-vous prêts à partager la Terre avec une espèce
destinée à la protéger ? Pour Lysia, la végétation est sacrée. 1 500 ans après son arrivée sur Terre, elle doit faire face au plus grand des sacrifices pour une bretteuse : perdre sa lame végétale. Pour la remplacer, elle devra choisir une nouvelle pointe d’aloé véra dans la forêt. Une expérience à la fois douloureuse et bouleversante, qui la liera plus intimement à la nature. Mais cette fusion pourrait lui révéler des dangers insoupçonnés. Pour comprendre les menaces qui pèsent sur la planète, Lysia devra quitter la forêt et aller à la rencontre de ce qu’il reste de l’humanité. Une quête qui la mènera là où l’équilibre est plus fragile que jamais.

Note : 4 sur 5.

Masha la sans-utérus : À travers toute l’Europe, Masha recherche de jeunes hommes vierges qu’elle traumatise de la plus sordide des façons. Des décennies après l’avoir rencontrée, Augustin vit toujours dans la peur de Masha. Vieillard solitaire, il a toute sa vie fui les corps féminins. Jusqu’au jour où il intègre un institut ukrainien dirigé par une psychothérapeute soignant obsessivement les victimes de la sans-utérus. Augustin ne pourra s’affranchir de son traumatisme qu’au prix d’efforts qui dépassent l’entendement et la chair. Masha, la sans-utérus n’est pas seulement « un livre à ne pas mettre entre toutes les mains », c’est une fantasmagorie mortuaire, cauchemar qui explore jusqu’en ses retranchements un imaginaire de l’immondice.

Note : 3.5 sur 5.

LIVRES AUDIO

Souvent en audio, j’aime écouter des polars/thrillers, je trouve qu’ils maintiennent plus facilement mon attention. J’ai commencé le mois avec L’intruse, de Freida MacFadden, et je me demande pourquoi je continue de m’infliger cette autrice. C’est plat, sans saveur, très convenu, et le retournement de situation fonctionne sur le même principe que dans tous ses autres bouquins. J’ai écouté Le test de Rungholt de Laurent Genefort, un début de série très prometteur et très rafraîchissant aussi (clique sur l’image pour lire ma chronique). Il y a ensuite eu Tu n’aurais pas dû venir ici, de Jeneva Rose, dont j’avais déjà écouté Le mariage parfait il y a quelques temps. Bon, c’était sympa mais sans grande surprise, très cliché. J’ai l’impression que ces nouvelles voix du thrillers prennent toutes le même ton et de ce fait, tout se ressemble énormément. Celui-ci aurait clairement pu être écrit par Freida MacFadden. Même style, mêmes éléments, mêmes personnages. Et du coup pour être bien sûre que je n’aime pas, j’ai écouté Le divorce parfait, de la même autrice, et ô miracle, j’ai bien plus apprécié ! J’ai préféré l’intrigue, les rebondissements sont moins prévisibles, les personnages un peu plus travaillés (on les suit depuis le tome précédent Le mariage parfait). Belle surprise.

L’intruse : La cabane isolée de Casey, perdue en pleine nature, n’est pas conçue pour résister à un ouragan. Le toit tremble, les lumières vacillent, et l’arbre devant sa porte d’entrée se balance sinistrement sous la force du vent. Mais ce qui l’inquiète bien davantage, c’est la jeune fille qu’elle aperçoit tapie derrière la fenêtre de sa cuisine.
Elle est jeune. Elle est seule. Et elle est couverte de sang. La jeune fille refuse d’expliquer d’où elle vient, et ne desserre pas sa prise sur le couteau qu’elle tient dans la main droite. Et lorsque Casey fait une découverte troublante au beau milieu de la nuit, la situation prend une tournure encore plus inquiétante. La jeune fille cache un sombre secret. Un secret pour lequel elle est prête à tuer. Et si Casey s’approche trop près de la vérité, elle pourrait ne pas voir le lever du jour.

Note : 2 sur 5.

Le test de Rungholt : L’humanité est sur le point d’entrer dans la Mosaïque, une vaste communauté extraterrestre.
Pour cela, un test de cohabitation est nécessaire et c’est Rungholt, une ville européenne, qui a été sélectionnée pour une période probatoire de vingt ans, pendant laquelle elle servira d’avant-poste.
Alors des milliers d’espèces différentes débarquent.
Ingrid Belloc, médecin légiste, est chargée d’aider l’inspecteur en chef Mendoza à résoudre les crimes liés aux visiteurs d’outre-Terre. Chaque corps à autopsier se révèle un nouveau monde à explorer, mais aussi une énigme redoutable. Le duo est chapeauté par un alien chargé de contrôler les enquêtes. Dénuée de la moindre once de diplomatie, Belloc possède un talent unique pour comprendre comment fonctionnent les corps extraterrestres.
Mais ce talent sera-t-il suffisant pour sauver le test de Rungholt ?

Note : 3.5 sur 5.

Tu n’aurais pas dû venir ici : Non, vraiment, tu n’aurais pas dû venir ici…
New-Yorkaise surmenée, Grace Evans a réservé un Airbnb dans un ranch perdu au milieu du Wyoming. Non seulement l’endroit est idyllique mais elle est subjuguée par le charme du propriétaire, Calvin Wells.
Tous deux se rapprochent et craquent l’un pour l’autre. Mais voilà : Grace éprouve très vite le sentiment que quelque chose ne tourne pas rond. Pourquoi, par exemple, n’y a-t-il pas de réseau dans la maison ?
Ce qui commence comme une liaison légère se transforme vite en un nœud de mensonges. Car, de son côté, Calvin s’interroge sur la vraie raison qui a poussé Grace à choisir son ranch. Les coups de cœur, dit-on, finissent souvent en chagrins d’amour. Mais pour Grace et Calvin, ce sera bien plus destructeur !

Note : 2 sur 5.

Le divorce parfait : Onze années se sont écoulées depuis que la brillante avocate Sarah Morgan a défendu son mari, Adam, accusé du meurtre de… sa maîtresse ! Sarah a depuis longtemps tourné la page et fondé une famille avec son nouveau mari, Bob Miller. Sa vie est redevenue exactement comme elle l’avait toujours souhaité. Du moins le croit-elle… Après avoir découvert que Bob avait eu une aventure d’un soir, Sarah n’hésite pas : elle demande le divorce. Or, au beau milieu de cette séparation houleuse, de nouvelles preuves ADN sont découvertes dans l’affaire impliquant Adam. La police est sommée de rouvrir l’enquête. Au même moment, on apprend que la femme avec qui Bob a passé la nuit est portée disparue. Dès lors, Sarah et ce dernier se livrent une lutte sans merci. Un jeu du chat et de la souris à très haut risque ! Le couple parviendra-t-il à un divorce parfait ou… devra-t-il attendre que  » la mort les sépare  » ?

Note : 3.5 sur 5.

RECUEIL DE NOUVELLES

Je me suis procuré lors du festival Les Imaginales le recueil de body horror Eros Macabre, dirigé par Morgane Stankiewiez, publié aux éditions Goater le 07 mai dernier. Les textes sélectionnés pour ce recueil, en non mixité choisie, m’ont tous énormément plu, ce qui est assez rare dans une anthologie. C’est une véritable pépite du genre qui laisse la voix aux femmes en leur permettant de se réapproprier leur corps, leur sexualité, leurs désirs. Un excellent ouvrage qu’on ne mettra toutefois pas entre toutes les mains car certaines nouvelles sont très explicites et graphiques.

Note : 5 sur 5.

MANGA

Un seul manga lu pour moi en juin, mais je dois dire qu’il m’a beaucoup touchée. Il s’agit du premier tome de Numéro Invalide, de Lostmemmory, publié aux éditions Akata en juin 2025. L’autrice y retrace son parcours médical en tant que personne née intersexe, et comment le corps médical n’a eu de cesse de vouloir la « rectifier » comme si son corps devait être corrigé. J’ai ressenti beaucoup de peine mais aussi beaucoup de colère à l’encontre de ces médecins qui n’écoutent pas la douleur et la détresse, me rappelant ma propre errance médicale et le discours paternaliste de certains professionnels de santé qui minimisent nos douleurs chroniques. J’ai prévu de lire les deux tomes suivants très rapidement.

Note : 5 sur 5.

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