A chaque rentrée littéraire c’est mon petit rituel : je lis le nouveau roman d’Amélie Nothomb. Parfois je suis agréablement surprise, et d’autres, amèrement déçue. En ce qui concerne L’adolescence du perroquet, trente-cinquième roman de l’autrice belge, la balance penche en faveur du deuxième sentiment. Pourtant, l’an dernier, j’avais beaucoup aimé Tant mieux, dans lequel elle évoquait pour la première fois le lien étrange qui l’unissait à sa mère. Avec L’adolescence du perroquet, je me suis retrouvée totalement désœuvrée et décontenancée. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
Pour commencer, un peu de contexte, puisque les quatrièmes de couverture des romans d’Amélie Nothomb sont toujours très avares en mots. « L’amour n’est pas un dû », peut-on lire sur le dos de l’ouvrage. Et l’amour, c’est le moteur de ce récit. Celui qui lie un jeune homme nommé Alban à Jo, un gris du Gabon un peu agité. Alors que le protagoniste recueille le perroquet qui n’a que quelques semaines, il est très loin de se douter à quel point l’animal va chambouler son quotidien.
Un oiseau qui parle? D’abord un oiseau qui écoute. Contrairement aux humains, il parle parce qu’il écoute.
Si l’amour que porte Alban à son animal de compagnie se mue petit à petit en une réelle complicité entre les deux, le narrateur va vite déchanter. Jo est turbulent, il détruit le mobilier à coups de bec, il piaille du matin au soir et en vient même à attaquer son propriétaire lorsqu’il est très contrarié. Alors qu’il l’a élevé comme s’il s’agissait de son propre enfant, le perroquet ne fait que se rebeller à la manière d’un adolescent en pleine pagaille hormonale. Et malgré tout l’amour que lui porte Alban, ce n’est pas suffisant.
Lorsque le réel refuse la vérité, c’est l’art qui nous la donne.
Je dois dire que, malgré toute l’affection que je porte à l’autrice et à certains de ses romans, je suis bien plus souvent déçue des parutions récentes qui sont, à mon avis, pas à la hauteur de ce qu’on peut attendre d’une autrice d’une telle envergure. Parce que c’est facile de nous vendre un roman de 160 pages à 20 euros tous les ans, ça l’est moins de nous proposer une véritable histoire qui prend aux tripes. Je veux bien croire que l’autrice fait du mieux qu’elle peut, elle qui commence chacune de ses journées par quatre heures d’écriture, mais je trouve que L’adolescence du perroquet n’est tout simplement pas assez aboutit. Mon avis n’engage évidemment que moi, mais je suis une lectrice assidue d’Amélie Nothomb depuis des années, depuis son fameux Hygiène de l’assassin qui m’a laissée sans voix. Peut-être que mes attentes étaient trop élevées, ou alors je souhaitais peut-être sans m’en rendre compte lire une fiction autobiographique comme les très bons Premier sang ou Psychopompe. Toujours est-il que je suis déçue de L’adolescence du perroquet.
Si vous deviez découvrir l’autrice avec un roman, je vous suggère de ne surtout pas commencer par celui-ci, au risque de ne pas avoir envie de retenter l’expérience. Commencez par ses plus anciennes publications, Hygiène de l’assassin, Stupeurs et tremblements, Métaphysique des tubes ou encore Biographie de la faim. Quand ceux-ci resteront des classiques, L’Adolescence du perroquet sera vite oublié.
Livre écouté sur Nextory.

Fiche technique
- Autrice : Amélie Nothomb
- Titre : L’adolescence du perroquet
- ME : Albin Michel
- Parution : 19/08/2026
- Pages : 160
- Prix : 18.90 euros
- EAN : 9782226513045
Résumé éditeur : « L’amour n’est pas un dû. »








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